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Signez l’appel "Il n’y a pas qu’une seule politique possible" à l’initiative de Maintenant la Gauche et d’autres sensibilités du Parti Socialiste dans le cadre du séminaire PS-gouvernement sur le pacte de responsabilité

mercredi 26 février 2014
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« IL N’Y A PAS QU’UNE SEULE POLITIQUE POSSIBLE »

 

SIGNATAIRES

Guillaume Balas, Frédéric Lutaud, Emmanuel Maurel

Membres du Bureau National du Parti socialiste

 

Henri Emmanuelli, député, ancien Ministre, ancien Premier Secrétaire du Parti socialiste

Marie-Noëlle Lienemann, ancienne Ministre, sénatrice

Paul Quilès, ancien Ministre

 

Et les membres du Bureau National et du Secrétariat National suivants :

Paul Alliès, Pouria Amirshahi, Tania Assouline, Marie Bidaud, Sandrine Charnoz, Pascal Cherki, Laurianne Deniaud, Stéphane Delpeyrat, Antoine Détourné, Julien Dray, Anne Ferreira, Gérard Filoche, Olivier Girardin, Jérôme Guedj, Monique Herment, Liêm Hoang-Ngoc, Frédéric Hocquard, Régis Juanico, Marianne Louis, Delphine Mayrargue, Jonathan Munoz, Nadia Pellefigue,  Roberto Romero, Jean-François Thomas, Isabelle Thomas 

Les membres suivants du Conseil national et des instances nationales du PS s’associent également à cet appel :

Gérard Berthiot, Annick Boët, Dylan Boutiflat, Jean-Claude Branchereau, François Cassany, Johann Cesa, Martine Chantecaille, Véronique Chassate, Marc Colombani, Gérald Elbaze, Frédéric Faravel, Sybille Fasso, Dominique Fleurat, Géraldine Gay, Anne Gérard, Brice Giacalone, Virginie Houadec, Ugo Lanternier, Rémi Lefebvre, Thierry Le Pesant, Joëlle Losson, Nora Makhlouf, Laurent Miermont, Nicolas Pagnier, Laure Pascarel, Adélaïde Piazzi, Élodie Schwander, Christine Tabouret, Éric Thouzeau, Bertrand Vasnier, Geneviève Wortham

***

 

La période est instable. De l’extrême droite qui se rassemble derrière des slogans racistes et antisémites à la droite radicalisée qui remet en cause la légitimité du Président de la République à gouverner, un front des conservatismes se constitue. Cette situation appelle une réaction forte. Une réaction essentielle pour reprendre la main, faire reculer le chômage et engager pleinement la transition écologique. Et ne pas donner l’impression que, malgré l’arrivée de la gauche au pouvoir, les droites et leurs « valeurs » sont en dynamique.

De toutes nos forces nous voulons que la gauche réussisse. Dix ans de politique de droite ont profondément abimé notre pays. La crise a dévasté nombre de territoires, plongé des millions de familles dans l’angoisse de la précarité ou du chômage.

A l’occasion de la campagne présidentielle, François Hollande a, à juste titre, pointé la responsabilité historique du monde de la finance dans les difficultés que traversent notre pays et notre continent. Il avait porté haut et fort l’exigence d’une réorientation de la construction européenne, en dénonçant le caractère néfaste des politiques d’austérité. Pour sortir le pays du chômage de masse, il avait proposé une feuille de route qui n’oppose pas la production à la redistribution, l’offre à la demande, l’efficacité économique à la justice sociale.

Cette feuille de route, c’est toujours la nôtre.

Cinq ans après la chute de Lehman Brothers, l’Union européenne subit toujours la crise et ses conséquences. Trois pays se trouvent encore sous assistance financière, le chômage atteint 12% dans la zone euro et la croissance est en berne.

C’est pourquoi nous continuons de penser qu’il est nécessaire de faire vivre la promesse de réorientation de la politique Européenne. Plus que jamais, la France doit créer les conditions d’un rapport de force favorable aux politiques de sortie de crise. La situation impose de nous dégager de la logique trop restrictive liée aux normes budgétaires et monétaires européennes.

La réduction des déficits préconisée par la Commission européenne a provoqué des coupes sombres dans des dépenses publiques et sociales essentielles. Surtout, ces « efforts » imposés aux populations n’ont pas permis de réduction de la dette publique. Elle est passée pour l’Union européenne à 27 de 62% du PIB en 2008 à 85% quatre ans plus tard. Loin de réduire la dette, l’austérité contribue à l’augmenter davantage.

Aujourd’hui, les critiques convergent pour remettre en cause des politiques socialement dangereuses et économiquement inefficaces. Les citoyens, mais aussi de grandes institutions comme le FMI, l’OCDE,  le BIT, pointent l’urgence d’une relance coordonnée en Europe.

Dans ce contexte, les élections européennes revêtent une importance particulière. Refonte de la politique commerciale, instauration d’une taxe sur les transactions financières, lutte contre les paradis fiscaux, politique monétaire au service de l’économie réelle, harmonisation sociale et fiscale, relance de l’investissement par la transition énergétique notamment, meilleure répartition du travail, smic européen : les socialistes porteront ces exigences en mai prochain.

Mais nous serons d’autant plus crédibles pour le faire si nous avons administré la preuve, en France, qu’il n’y a pas qu’une seule politique possible.

Or en dépit de la salutaire rupture avec l’ère Sarkozy, l’orientation en matière de politique économique suscite des désaccords et des inquiétudes dans nos rangs.

Nous ne nous reconnaissons pas dans le discours qui tend à faire de la baisse des « charges » et du « coût du travail » la condition d’un retour de la croissance. Il n’y a pas de « charges » mais des cotisations sociales qui sont en réalité du salaire différé.

Et nous sommes inquiets quand nous découvrons que la baisse des cotisations promise aux entreprises s’accompagne d’une réduction de 50 milliards d’euros des dépenses publiques en trois ans, sans même savoir quels sont ceux qui en supporteront les conséquences. Ce qui risque de rogner sur le modèle social français dont les grands principes ont été établis à la Libération.

La focalisation exclusive sur la baisse du « coût du travail » ne constitue pas une réponse adaptée

Comme l’ensemble de l’Union européenne, la France souffre de la crise. Les libéraux, dont le patronat se fait le porte-parole, associent cette crise à un problème global de compétitivité engendré par une explosion du « coût du travail ». Cette lecture nous semble contestable.

Depuis le début des années 90, des centaines de milliards d’aides, d’exonérations, de subventions ont été distribuées sans aucun effet sur l’emploi et la compétitivité de nos entreprises. Pire, elles ont alimenté la rente au détriment des salaires et de l’investissement. Entre 1999 et 2008, alors que les firmes allemandes ont réduit leur taux de dividendes versées de 10%, leurs homologues françaises l’ont augmenté de près de 50%. Le « coût du capital » n’a jamais été aussi élevé.

L’industrie française se délite et les politiques libérales de ces 20 dernières années n’ont fait qu’en précipiter la chute, croyant pouvoir créer une « France sans usine », renonçant à toute politique industrielle ambitieuse. Le renouveau industriel nécessite un renforcement de notre « compétitivité hors-coût » qui ne sera rendue possible que par des aides ciblées et d’une réorientation des bénéfices de la rente vers l’investissement productif.

Or, on ne peut que constater la victoire de la finance sur la production. C’est la conséquence de la concentration de la richesse entre les mains d’un nombre de plus en plus petit. Aujourd’hui, alors que 10 % de la population concentre 60 % du patrimoine, les banques imposent aux entreprises des règles qui donnent la priorité à l’accroissement systématique des marges. Dès lors, il ne faut pas s’étonner du mouvement de concentration du capital (les quatre premières banques françaises ont un bilan équivalent à 400 % du PIB) et de financiarisation de l’économie.

Enfin, ne nous voilons pas la face. La finitude des ressources naturelles, la hausse inéluctable du prix des énergies fossiles dont notre modèle de production et de consommation est dépendant, la stagnation de nos taux de croissance déconnectés du bien-être humain, nous obligent à imaginer un nouveau modèle de développement. De même, l’évolution des gains de productivité rend indispensable de réfléchir à une nouvelle répartition du travail. Mais ce nouveau modèle de développement est par définition antagoniste des logiques libérales, court-termistes, à l’œuvre de nos jours.

Pour nous, la priorité doit donc être la suivante: favoriser l’emploi et l’investissement productif aux dépens de la rente.

Les préconisations avancées jusqu’à présent sont déséquilibrées.

Les socialistes se sont toujours refusés à opposer offre et demande, production et redistribution, bonne gestion des comptes publics et relance de l’économie. Les propositions contenues dans le « pacte de responsabilité » semblent s’écarter de cette position d’équilibre.

1) L’objectif de baisse accélérée des dépenses publiques comporte des risques majeurs.

Le Président de la République s’est engagé à ne pas toucher au modèle social français. Néanmoins, la priorité accordée aux 50 milliards d’euros d’économies en trois ans, nous fait craindre une réduction du périmètre d’intervention de l’Etat, nuisible aux politiques sociales existantes et au fonctionnement des services publics.

Par ailleurs, elle réduit considérablement nos marges de manœuvres pour mener à bien des politiques ambitieuses dans le domaine de l’éducation, du logement ou de la culture. Comment continuer à soutenir l’effort de réinvestissement de l’Etat dans le domaine éducatif mené depuis le 6 mai, si les baisses de crédits y sont massives ? Comment soutenir l’exception culturelle si, pour la troisième année consécutive nous baissons le budget du ministère de la culture. Enfin, comment les collectivités territoriales pourront-elles continuer à être le premier investisseur public de notre pays, si elles doivent réaliser des coupes budgétaires massives ?

2) le redressement n’est pas possible sans la justice

A trop se focaliser sur « l’offre » et la « baisse des charges », le « pacte de responsabilité » risque de comprimer l’activité économique.

Notre pays doit partir de ses atouts : qualité de la main d’œuvre, de ses services et infrastructures publics. Agir  pour notre compétitivité, c’est penser dès maintenant le monde de demain et notre modèle de développement

C’est donc d’abord agir sur nos capacités productives (montée en gamme, sobriété énergétique de notre appareil productif, investissement dans les énergies renouvelables, utilité sociale) et sur nos infrastructures. Ainsi en 2011, les importations énergétiques pesaient 88% du déficit de notre balance commerciale, entamant d’autant la création d’emplois et les capacités d’investissement de nos entreprises.

L’investissement dans l’éducation, la formation, la recherche, la transition énergétique, sont autant de leviers pour une stratégie de développement durable à moyen et long terme. L’enchainement des crises ces vingt dernières années témoigne d’un système court-termiste à bout de souffle, qui ne répond plus au double impératif d’efficacité économique et de justice sociale. Cette option volontariste d’investissement que nous proposons est un moyen d’en sortir.

Mais cet effort serait vain si, faute de consommation, bon nombre d’entreprises n’avaient pas de carnets de commande remplis, si faute de «  planification » les industriels n’avaient aucune vision de l’avenir, et si faute d’anticipation ils n’étaient pas au rendez-vous d’une reprise française et internationale.

Dès lors, nous pensons que, dans la mobilisation générale pour l’emploi décrétée par l’exécutif, la consommation populaire doit prendre toute sa place. Elle passe notamment par une réforme fiscale de grande ampleur, comme l’a d’ailleurs proposé le Premier ministre. Loin de s’opposer, redressement et justice vont de pair.

Obtenir un compromis social favorable au monde du travail

La social-démocratie suppose que le parti majoritaire à gauche soutienne les syndicats de salariés pour arracher un compromis au patronat.

Si le Président a été très clair sur les avantages accordés aux entreprises, les contreparties demandées restent floues. Il faudra plus qu’un « observatoire » pour imposer amélioration des conditions de travail, discussion sur les salaires, partage du travail ou multiplication des embauches. D’autant que le MEDEF, par la voix de son président, refuse de rentrer dans une logique de « donnant-donnant » qui serait pourtant la moindre des choses. En lien avec les déclarations présidentielles, nous insistons sur la double nécessité de ne pas alimenter la rente pour servir l’investissement productif et de faire bénéficier les salariés, par le biais de la rémunération notamment, d’une part de cette aide.

Il n’y aura pas de « compromis social » favorable aux salariés sans mobilisation du parti, des parlementaires, du mouvement social. Salaires, embauches, réduction et partage du temps de travail, droits des salariés, contrôle des licenciements abusifs, modalités de remboursement des aides en cas de non-respect des engagements, politique de redistribution des dividendes : dans tous ces domaines nous devons porter des exigences fortes.

Oui, nous devons les porter, et en toute liberté. Sachons nous désintoxiquer des institutions de la Vème République. Tout ne peut procéder d’un seul homme. Les débats  politiques ne se règlent pas en brandissant la menace de  mesures disciplinaires ou en mettant les parlementaires au pied du mur.

Le PS doit jouer pleinement son rôle. Pour la réussite de la gauche au pouvoir, il faut un Parti autonome, force de propositions, relais des aspirations mais aussi des mécontentements. C’est une des conditions de la réussite commune.

Cette réussite passe aussi par l’implication de la gauche dans toute sa diversité. Il n’y a aujourd’hui de salut pour la gauche française que dans la construction de convergences entre les forces politiques et sociales qui la composent. Au moment où une partie de la droite radicalisée fait jonction avec une extrême droite plus menaçante que jamais, le rassemblement de la gauche est une ardente obligation.

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12 réactions

  1. DENIS dit :

    Bien sûr qu’il y a une autre politique que cette politique libérale qui appauvrit les états et leur population.

  2. villanova dit :

    Il y a eu le TSCG puis l’ANI puis la réforme des retraites la non amnistie des syndicalistes, le crédit d’impôt
    le pacte de responsabilité, la loi sur la famille …… et cerise sur le gateau l’affaire Cahuzac.
    Ne pensez vous pas que la coupe est pleine et que vous n’avez plus rien à faire dans ce parti que beaucoup
    ne considerent plus comme un parti de gauche.
    Qu ‘attendez vous pour franchir le rubicon et rejoindre le Front de gauche ?
    Il en va dorénavant de votre crédibilité et de votre sincérité.

  3. Au contraire @Villanova notre place est au sein du Parti Socialiste pour mener le nécessaire débat d’orientation.

    • Jacquou dit :

      De la SFIO au PS hollandais toutes les tentatives de changement de l’ intérieur ont échoué…!La preuve : vous parlez maintenant d’ un parti social-démocrate devenu un parti libéral sur le plan économique avec la complicité active de la CFDT…

    • Olivier Perrier dit :

      Quel débat? Quelle visibilité (quel écho) dans la presse?
      Le combat de l’intérieur n’est qu’un mythe….
      Votre seul mérite aux yeux de ces libéraux, c’est de servir de caution de « gauche ».
      Bref idiot utile, ou Don Quichotte, quel rôle!
      Je vous souhaite bien du courage
      Bien à vous

  4. René Fiévet dit :

    Voici ma réponse à votre texte, que j’ai adressée au forum de la Fédération des Français de l’Etranger (FFE) après que Mathieu Pouydesseau nous l’a communiqué.
    René Fiévet

    Le vin Hollande est tiré, il faut le boire

    Il y a quelque chose d’enfantin dans le texte que vient de nous soumettre Mathieu Pouydesseau (voir son message ci-dessous: « Appel transcourants pour une autre politique »). Mais ce caractère enfantin a peut-être aussi quelque chose de nécessaire: la politique étant ce qu’elle est devenue, et ne pouvant pas donner plus que ce qu’elle nous montre, il s’agit de ne pas désespérer malgré tout, et si possible continuer de se faire plaisir. D’où l’invocation d’une possible « autre politique ». Mais tout ceci relève de la psychologie collective, de la thérapie de groupe, pas de la politique. D’ailleurs, il s’agit d’un texte « transcourants ». Au PS, les transcourants, c’est toujours le niveau zéro de la politique; cette règle ne connait pas d’exception.
    Parachevant la présidentialisation définitive de nos institutions, amorcée par Jospin avec la réforme du quinquennat et l’inversion du calendrier, la procédure des primaires a donné au candidat désigné une légitimité au dessus du Parti, et avant même qu’il ne soit élu. Nous avons lié notre sort à un homme, pas à une politique. Avec une majorité à l’Assemblée nationale élue sur son nom (et non pas sur celui du Parti Socialiste, ou du Gouvernement de Jean Marc Ayrault), François Hollande a désormais tous les pouvoirs, et il en sera ainsi jusqu’à la fin de son mandat. Les pauvres militants socialistes n’ont plus que leurs yeux pour pleurer: il n’y a plus de Parti Socialiste, du moins en tant qu’intellectuel collectif censé « penser la politique ». En principe, le suicide collectif n’existe que chez les sectes. C’est pourtant bien ce que nous avons fait. A ce suicide, nous avons donné un nom: « rénovation de la politique ». On voit le résultat en termes de rénovation: nous avons le pouvoir personnel comme jamais nous ne l’avons eu sous la 5ème République. Cela s’appelle faire du vieux avec du neuf. Bravo les socialistes.
    Ce qui est très intéressant, c’est que ce pouvoir sans partage est exercé par un homme qui est probablement le moins porté à en exercer tous les attributs, par son parcours politique, sa culture, son tempérament. Hollande, à titre personnel, est tout le contraire de Sarkozy. Et pourtant, il n’a pas le choix: il faut qu’il fasse comme Sarkozy, sinon il est fichu. C’est vraiment très fort ce que nous avons réussi à faire, nous les socialistes. Faire d’un brave socialiste, plutôt débonnaire, qui probablement n’en demandait pas tant, une sorte de monarque absolu, petit dictateur doté de tous les pouvoirs. Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus cruel pour nous: au fond, quand Sarkozy exerçait son pouvoir personnel, c’était moralement supportable pour nous, puisque c’était la droite. Maintenant, c’est le pouvoir personnel exercé par un homme de gauche. Nous boirons le calice jusqu’à la lie.
    Et c’est la raison pour laquelle il n’y aura pas d’autre politique. Non pas qu’une autre politique ne soit pas envisageable en soi, mais ce n’est pas une option. Parce que s’il devait y avoir une autre politique, il faudrait qu’il y ait un Parti Socialiste, condition nécessaire à défaut d’être suffisante. De façon très significative, le texte que nous présente Mathieu Pouydesseau ne nous dit pas comment faire pour remédier à cela. Pascale Seux et moi-même avions déposé une motion au dernier Congrès dans laquelle nous proposions d’inverser le calendrier électoral: remettre l’élection parlementaire au centre de la vie politique, démonétiser l’élection présidentielle; bref, renverser la table. Nous pouvons le faire, nous avons la majorité à l’Assemblée nationale, profitons-en tant qu’il en est encore temps: faisons voter une loi organique qui va dans ce sens. Et même si la droite l’emporte à ces élections, nous aurons une assemblée qui ne procédera pas de l’élection du Président. Et nous aurons à nouveau un Parti Socialiste (et non une machine électorale qui ne sert plus qu’à désigner un candidat à l’élection présidentielle, et délivrer des investitures aux autres scrutins). Mais je sais bien que nos parlementaires (y compris les signataires de ce texte) n’auront jamais ce courage, car leur sort est lié jusqu’au bout à celui de François Hollande. Et surtout, ils ont mieux à faire: il faut qu’ils s’occupent des questions sexuelles, le mariage pour tous, la PMA, la GPA et tout le tremblement. C’est beaucoup plus important.
    Et maintenant, examinons la situation politique. Elle est catastrophique, et tous les sondages montrent que nous nous dirigeons vers de grandes déconvenues au plan électoral dans les mois à venir. La cote de popularité de Hollande est tellement basse que c’est probablement « beyond recovery » d’ici 2017. Souvenons nous de Sarkozy: lui même était tombé très bas dans les sondages dès 2008, et jamais il n’avait pu remonter la pente.
    Dès lors, posons-nous cette question simple: qu’est-ce qui peut sauver la Gauche d’ici 2017, si c’est encore possible ? Une seule chose: que Hollande réussisse; que dans les deux années qui viennent ce qu’il essaye de mettre en place (et notamment son pacte de responsabilité) donne ses effets, que la croissance économique reparte, que le chômage diminue, que les comptes budgétaires se rééquilibrent, tout en maintenant au moins en l’état notre système de redistribution. Voilà ce qu’il nous faut (et même cela ne sera peut-être pas suffisant). Désolé, il n’y a rien d’autre en magasin, du moins à l’horizon de 2017.
    Bien entendu, on a le droit de penser que Hollande fait fausse route. Mais cela ne sert à rien de se lamenter, c’est trop tard. Nous avons lié notre destin à un homme et à sa politique, quelle qu’elle soit.
    Les Emmanuelli, Quilès, Lienemann, Dray et consorts, signataires de ce texte, feraient mieux de faire leur examen de conscience, car ils ont contribué autant que les autres à faire du Parti Socialiste ce qu’il est devenu. Ils ont voté le quinquennat et l’inversion de calendrier, ils ont accompagné la « rénovation » des primaires. Pire encore, cela fait bien 15 ans qu’ils nous parlent d’une hypothétique 6ème République parlementaire sans avoir jamais rien fait, rien proposé, pour changer le cours des choses.
    La politique n’est jamais brave fille. Elle finit toujours par présenter l’addition, et à chaque fois cela vient plus tôt qu’on ne le pense.

    René Fiévet
    Washington DC

  5. […] Il est maintenant possible pour l’ensemble des militants et sympathisants de signer cet appel. Nous vous invitons donc à le signer et à relayer l’information autour de vous. […]

  6. Matthienu Felix dit :

    ATTENTION il y a plusieurs doublons…

  7. Michel NOWAK dit :

    je signe l’appel

  8. […] Pour signer l’appel, rendez-vous sur maintenantlagauche.fr […]

  9. smaine OUSEDDIK dit :

    stop à cette politique de droite

  10. Brouet dit :

    Tout ce que je viens de lire ne vaut rien si une décision urgente d’une réunion de tous les partis de la vraie gauche ne se réunissent pas avant le16,afin de désigner un remplaçant à Vals et de décider un changement impératif et immédiat de la politique actuelle,si non rien ne changera et le libéralisme continuera d’abattre le peuple….!

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