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Article du JDD sur Maintenant la Gauche et l’accord sur l’emploi

mardi 5 mars 2013

Emploi : l’aile gauche du PS fait des siennes

Comme elle l’avait fait sur le pacte budgétaire européen, l’aile gauche du PS promet de se battre jusqu’au bout pour amender le texte sur la sécurisation de l’emploi. Et assume de s’opposer à nouveau au gouvernement en tant que membre de la majorité.

Ils avaient fait campagne pour le candidat mais sont décus par le président. L’aile gauche du PS se montre de plus en plus sceptique par rapport à la politique menée par François Hollande. Ses représentants avaient voté contre le pacte budgétaire européen en septembre dernier, ils n’ont pas encore tranché pour savoir s’ils voteront l’accord  sur l’emploi conclu le 11 janvier entre le Medef et les syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) et examiné mercredi en Conseil des ministres. Le texte arrivera dans l’hémicycle le 2 avril puis au Sénat à la fin du même mois.

« Les parlementaires ne sont pas que de greffiers »

Les consignes données par le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, n’y changeront rien. Il a beau répété que l’accord devra être « soutenu » par les élus PS, eux tiennent à garder leur liberté de vote. « On a fait campagne pendant des mois en disant que le Parlement devait redevenir le cœur battant de la démocratie donc on ne peut pas nous expliquer maintenant que les parlementaires ne sont que de greffiers », s’agace Emmanuel Maurel, tenant de l’aile gauche du PS. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ne voteront pas le texte tel quel. Ils espèrent pouvoir « l’amender fortement », explique Marie-Noëlle Lienemann, membre du courant Maintenant la gauche. La sénatrice résume sa vision des choses : « Notre stratégie, c’est de rééquilibrer le texte pour contrecarrer les reculs sociaux. » Ils reprochent notamment au texte de faciliter les licenciements.

Avant l’Assemblée, leur bataille passera aussi par la rue. Mardi, ils participent à la manifestation contre l’adoption de ce projet de loi, aux côtés du Front de gauche et de quatre syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires). « Ça ne me dérange pas de manifester avec des gens qui il y a moins d’un an, ont voté à plus de 90% pour François Hollande », justifie Emmanuel Maurel. Et de rappeler que « le texte a été signé par des partenaires sociaux, dont les syndicats ne représentent pas la majorité des salariés. »

« On n’est pas en train de poser des ultimatums »

S’opposer au gouvernement tout en étant membre à part entière de la majorité, c’est toute la complexité de l’aile gauche du PS. S’ils reprochent à François Hollande l’écart entre ses promesses et ses actes, ce constat ne les empêche pas de se sentir à leur place dans les rangs socialistes. « On n’est pas en train de poser des ultimatums, on veut simplement faire prendre conscience de l’urgence de la situation », tempère Marie-Noëlle Lienemann. Emmanuel Maurel assume lui aussi ce qui peut apparaître comme un paradoxe : « J’ai fait la campagne de François Hollande avec beaucoup d’enthousiasme mais sur un certain nombre de points, j’exprime des désaccords. Ça a toujours été le cas au PS. Quand il y a des problèmes, on les met sur la table, pas sous le tapis. »

Caroline Vigoureux – leJDD.fr

mardi 05 mars 2013

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