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Carte blanche : non au Ceta, véritable cheval de Troie du TTIP ! – Tribune dans Le Soir

samedi 15 octobre 2016

Dans Le Soir, Emmanuel Maurel cosigne la tribune initiée par sa collègue eurodéputée Marie Arena sur le CETA. Ils y expliquent les raisons de notre opposition à cet accord commercial et expriment un soutien plein et entier au Parlement wallon et à celui de la Région Bruxelles-Capitale, prêts à utiliser leur droit de véto.

Carte blanche : non au Ceta, véritable cheval de Troie du TTIP !

Gabi Zimmer, députée européenne et présidente du groupe GUE/NGL (Allemagne); Jean-Luc Mélenchon, député européen (France); Marie Arena, Marc Tarabella et Hugues Bayet, députés européens PS (Belgique); Philippe Lamberts, député européen ECOLO (Belgique); Marisa Matias, députée européenne BLOCO de Esquerda (Portugal); Eleonora Forenza, députée européenne L’altra Europa (Italie); Emmanuel Maurel, député européen PS (France); Maria Noichl, députée européenne SPD (Allemagne)

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Suite à une initiative de la plate-forme Liège Contre l’Austérité, plusieurs députés européens marquent leur soutien à l’opposition des Parlements de la Wallonie et de la Région de Bruxelles Capitale du Ceta.

Dernièrement, et pour des raisons diverses, les discours de mandataires publics européens au sujet du TTIP semblent remettre en cause sa conclusion, en tout cas à brève ou moyenne échéance. Il n’en va pas de même du CETA (Accord Économique et Commercial Global Union européenne-Canada), dont la ratification semble prochaine. Pour justifier cette différence d’attitude, ce traité est présenté comme étant beaucoup plus positif ou, en tout cas, comme compensant les effets néfastes de la libéralisation via l’imposition de normes, en matières sociale et environnementale principalement. Pourtant, fondamentalement, les principes et surtout les conséquences du Ceta seront tout aussi nocifs pour les économies européennes, en particulier pour leurs travailleurs, leurs consommateurs et leurs PME, que ceux du TTIP.

Des référents théoriques identiques

Le CETA met en œuvre les mêmes principes de dérégulation, d’abaissement des normes et d’accroissement de la concurrence que le TTIP. Il s’appuie sur les mêmes référents théoriques qui font du libre-échange l’Alpha et l’Omega des politiques économiques, sans qu’aucune alternative ne puisse être envisagée. Tous les jours pourtant, nous constatons les effets dévastateurs des logiques de libéralisation poursuivies actuellement. La mise en concurrence effrénée des économies conduit à utiliser les normes sociales et fiscales comme variables d’ajustement, provoquant inéluctablement une dégradation des conditions de travail et de la protection sociale des travailleurs et des citoyens, et contribue à affaiblir encore plus, via une diminution de leurs recettes, la capacité des Etats à assurer leurs fonctions, pourtant garantes du maintien des systèmes démocratiques. Plus essentiellement, le Ceta constitue une porte d’entrée dans l’Union européenne pour l’ensemble des acteurs économiques des Etats-Unis, constituant ainsi le véritable cheval de Troie du TTIP. En effet, en application des accords déjà existants entre les Etats-Unis et le Canada, les normes sociales et environnementales qui protègent – pour l’instant encore – travailleurs, citoyens et entreprises en Europe seront directement attaquées via leurs mises en concurrence avec les économies nord-américaines. Notons également que toutes les grandes transnationales américaines possèdent une succursale sur le sol canadien.

Le libre-échange en question

A l’échelle de l’histoire économique occidentale moderne, le libre-échange n’a jamais généré de croissance partagée. Le libre-échange, sans régulation publique significative, n’a jamais favorisé le développement du commerce ou des petites entreprises. Le libre-échange a toujours provoqué une diminution de la rémunération du travail, au profit du capital.

En Europe aujourd’hui, seuls les Parlements de la Wallonie et de la Région de Bruxelles Capitale ont adopté une résolution s’opposant à la ratification du CETA. Cette démarche hautement symbolique et courageuse, particulièrement en regard des mesures de rétorsion potentielles que les institutions européennes et les grands Etats pourraient faire peser sur ces « petites » Régions, doit être soutenue avec vigueur ; et quant au débat de fond que cette résolution pose et, plus que tout, quant à la dynamique démocratique qui doit revenir au cœur du projet européen.

C’est pour l’ensemble de ces raisons que nous nous opposons à la ratification du CETA et que nous demandons la mise en place, au sein de l’Union européenne et dans les relations qu’elle entretient avec les autres pays du monde, de politiques axées sur des logiques de coopération et de protection, qui tendront à garantir une sécurité sociale aux citoyens, le maintien de conditions de travail dignes et des possibilités de développement des petites et moyennes entreprises. Nous revendiquons l’abandon des logiques de concurrence que le CETA et le TTIP organisent et la mise en place de politiques qui visent le bonheur des peuples.

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