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Compétitivité : communiqué de presse

mercredi 7 novembre 2012

Au lendemain de la présentation du rapport Gallois, le gouvernement a annoncé une série de mesures susceptibles de « relancer la compétitivité ». L’examen de ces mesures a fait l’objet d’une discussion très rapide au secrétariat national du Parti Socialiste. Emmanuel Maurel s’est exprimé dans ce débat qui créé un trouble important chez les socialistes et plus largement dans toute la gauche.

Vous trouverez ci-après  le communiqué de presse de Maintenant la Gauche dans lequel nous demandons une concertation avec les partenaires sociaux et un débat approfondi avec  l’ensemble des forces de gauche et écologistes et nous réitérons notre désaccord sur l’augmentation de la TVA, impôt  particulièrement injuste.
Dans les semaines qui viennent le débat va continuer et nous continuerons d’y prendre part pour défendre les sujets que nous avons mis sur la table: contreparties en terme d’emplois et d’investissements, défense du pouvoir d’achat, politique monétaire et douanière favorable aux exportations, et une  lutte effective contre le dumping social et fiscal…

REVUE DE PRESSE

http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5E8M761020121107

http://www.vonews.fr/article_18973-emmanuel-maurel-(ps)-%3A-les-annonces-faites-doivent-faire-l-objet-d-une-concertation%A0

http://lci.tf1.fr/politique/competitivite-hollande-va-devoir-compter-avec-une-opposition-7637345.html

http://www.lefigaro.fr/politique/2012/11/04/01002-20121104ARTFIG00142-competitivite-lienneman-met-en-garde-le-gouvernement.php

http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/la-gauche-du-ps-critique-le-pacte-pour-la-competitivite-07-11-2012-1526114_240.php

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/11/07/20002-20121107ARTFIG00363-les-deputes-ps-pris-a-contre-pied-par-la-hausse-de-la-tva.php

http://www.huffingtonpost.fr/2012/11/05/six-mois-de-hollande-a-elysee-histoire-retiendra-premier-semestre_n_2075321.html?utm_hp_ref=france

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20121107.OBS8430/quand-la-competitivite-fissure-la-gauche.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20121107.OBS8430/quand-la-competitivite-fissure-la-gauche.html

 

LE COMMUNIQUE DE MAINTENANT LA GAUCHE

Le gouvernement vient d’annoncer une série de mesures susceptibles de « relancer la compétitivité », au lendemain de la présentation du rapport de Louis Gallois. La gravité du bilan de 10 années de droite exige un sursaut. La réussite du changement demande un soutien populaire réel.

Signataires de la motion « Maintenant la Gauche », nous regrettons le caractère précipité de ces annonces et l’absence de négociations préalables avec les organisations syndicales.

C’est pourquoi nous estimons que les annonces faites aujourd’hui  doivent désormais faire l’objet d’une  concertation avec les partenaires sociaux et un débat approfondi avec  l’ensemble des forces de gauche et écologistes. Ce qui vaut pour la loi contre les licenciements boursiers, retardée pour laisser la place à une négociation sociale, doit aussi valoir pour une démarche visant à accorder près de 20 milliards de crédit d’impôts pour les entreprises. Clairement, la question des contreparties en termes d’emplois et d’investissements doit être posée.

Face à cette crise sans précédent, nous soutenons avec force l’action de redressement productif, le soutien à la croissance et à la création d’emploi, et l’amélioration de la compétitivité. Améliorer la compétitivité c’est investir dans la recherche et dans la formation. C’est relancer l’investissement et la production industrielle.

De ce point de vue, le  lancement d’une stratégie industrielle de filières, la création d’une banque publique d’investissement ou l’accès des PME aux marchés publics constituent  des avancées importantes.

Mais nous réitérons notre désaccord sur l’augmentation de la TVA, impôt  particulièrement injuste  qui, de surcroit, va pénaliser de près de 7 Milliards le pouvoir d’achat des Français.  Nous estimons  que les arguments développés pendant la campagne électorale contre la hausse de la TVA sont toujours valables et que la compétitivité des entreprises françaises comme la relance des exportations  passent par d’autres dispositions que la baisse généralisée du «Coût» du travail.

Nous souhaitons en particulier que soit engagées rapidement  des démarches au sein de l’UE  pour une politique monétaire et douanière favorable aux exportations, et une  lutte effective contre le dumping social et fiscal. C’est un enjeu majeur pour notre compétitivité.

>>> Téléchargez et diffusez le communiqué de presse

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3 réactions

  1. RINALDI dit :

    Pas d’état d’âme . Soutien sans réserve au gouvernement .

  2. […] est également en ligne sur le site national (http://www.maintenantlagauche.com/competitivite-communique-de-presse-de-maintenant-la-gauche/) et sur le site départemental (www.maintenantlagauche95.org). Tu peux naturellement le diffuser à […]

  3. Le Cun dit :

    Pas d’état d’âme en effet, il est dur de constater que réformer ce pays il faut du courage et pas un Président qui a chaque fois que la droite défend ces intérêts ce précipite pour la satisfaire pour ne pas de vagues.
    A lire ce très intéressant article de Thomas Piketty parue dans Libération 20/11/2012

    Lors de sa conférence de presse,
    François Hollande a annoncé, non sans
    fierté, qu’il défendait un «socialisme de
    l’offre», favorisant la «production», par
    opposition à un socialisme «plus traditionnel
    », «axé sur la demande». Quel
    beau sujet de dissertation pour le bac,
    et quelle bonne idée de choisir le côté
    de la production! C’est toujours mieux
    qu’un socialisme sans production…
    Le problème est qu’au-delà de cette
    posture rhétorique arch iconvenue
    (contrairement à ce que l’on entend ici
    et là, les socialistes français ont depuis
    longtemps expérimenté des politiques
    de l’offre, avec la baisse d’un tiers du
    taux de l’impôt sur les sociétés entre
    1988 et 1993), on voit surtout se dessiner
    dans les mesures Ayrault–Hollande
    de cet automne un socialisme de
    la niche et de la complexité fiscale,
    catastrophique pour le modèle social
    français, qu’il faudrait urgemment
    moderniser et réformer.Un socialisme
    de l’usine à gaz, en quelque
    sorte.
    On connaissait déjà la
    niche des «pigeons», accordée aux
    plus-values : de nombreuses pages
    ajoutées au code des impôts, sans
    aucun intérêt pour l’efficacité économique,
    et encore moins pour la justice
    fiscale. Voici venu le Crédit d’impôt
    emploi et compétitivité (Ciec), fer de
    lance du plan compétitivité du gouvernement,
    et qui n’est en réalité qu’une
    énorme usine à gaz en construction.
    C’est l’exemple même de ce qu’il ne
    faut pas faire: au lieu de se lancer dans
    une réforme de fond des cotisations
    sociales, ce qui aurait demandé courage
    et détermination au gouvernement
    comme aux partenaires sociaux, on
    contourne l’obstacle en ajoutant une
    couche de complexité sur un système
    fiscalo-social qui en comporte déjà
    beaucoup trop.
    De quoi s’agit-il?Quiconque a déjà embauché
    un salarié connaît la difficulté
    de savoir les taux exacts de cotisations
    à appliquer. Il faut additionner de multiples
    taux (plusieurs régimes de
    retraites, assurance chômage,maladie,
    famille), prendre en compte tous les
    prélèvements additionnels (construction,
    logement, formation, taxe sur les
    salaires, variant suivant les secteurs
    d’activité et la taille de l’entreprise,
    sans parler des innombrables régimes
    dérogatoires dépendant de l’âge du
    salarié ou de sa date d’embauche
    (on vient d’ailleurs d’en ajouter un,
    avec le contrat de génération).Au terme
    de calculs fastidieux, et de beaucoup de
    temps perdu avec le comptable, on
    aboutit grosso modo aux chiffres suivants.
    Le taux global de cotisations
    patronales est de l’ordre de 40%(pour
    verser 100 euros en salaire brut, l’employeur
    paie 140 euros en salaire super brut),
    dont à peu près la moitié pour les
    cotisations retraites et chômage. Le taux
    est réduit à environ 20%au niveau du
    Smic,mais remonte en flèche dès lors
    qu’on dépasse le salaire minimum, et
    retrouve son niveau de 40%dès 1,6 fois
    le Smic; tout cela avec des variations
    suivant les secteurs et le temps de travail
    (on la fait courte).
    Quand au salarié qui souhaiterait connaître
    son pouvoir d’achat, il fait face à
    un labyrinthe encore plus ubuesque. Il
    lui faut distinguer CSG déductible et
    non déductible, salaire net de CSG mais
    brut d’impôt sur le revenu, sans parler
    du chèque de «Prime pour l’emploi»
    (PPE) que quelque 8millions de salariés
    modestes reçoivent avec un an de retard
    afin de leur rembourser une partie de la
    CSG prélevée un an plus tôt…C’est sans
    doute le sommet de l’absurdité fiscale,
    tout du moins jusqu’à aujourd’hui.
    Car voici que nos vigoureux socialistes
    de l’offre, non contents
    de ne rien changer à ce
    fatras incompréhensible,
    décident d’ajouter une couche, avec un
    crédit d’impôt remboursant aux entreprises,
    un an plus tard, l’équivalent de
    6%de leur masse salariale, prélevée un
    an plus tôt sous forme de cotisations
    sociales. C’est, en gros, l’équivalent de
    la PPE pour les entreprises. Et, comme
    il se doit, ce mécanisme de crédit d’impôt
    sur les sociétés comporte toutes
    sortes d’exceptions : en sont notamment
    exclues les fondations, associations
    (particulièrement présentes dans
    l’enseignement supérieur), la recherche,
    la santé, secteurs d’avenir, hautement
    concurrentiels, et dans lesquels il
    n’est pas évident d’attirer en France la
    main-d’oeuvre qualifiée.
    Quel est l’effet de tout cela?Un énorme
    gaspillage d’argent public, car presque
    personne ne maîtrise ces règles, sauf
    peut-être les très grandes entreprises.
    Et encore, ces dernières devraient en
    toute logique calculer que ces dispositifs
    de crédit d’impôt se sont toujours
    caractérisés par une instabilité chronique
    et une imprévisibilité quasi totale
    à l’horizon de quelques années, et ne
    prendre par conséquent aucune décision
    qui les engage au-delà. Pour résumer
    : le gouvernement jette l’argent
    public par les fenêtres au moment où il
    n’en a pas. Tout cela financé par une
    hausse de la TVA sur les plus modestes.
    Le gouvernement précédent avait au
    moins eu le bon goût d’utiliser ce même
    argent pour mettre en place une véritable
    baisse des cotisations sociales
    au-delà de 1,6 Smic. Une seule question:
    pourquoi tant de bricolage?
    Thomas Piketty est directeur d’études à
    l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie

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