Ecologie, Notes et arguments

Concevoir la transition énergétique impose de préparer la sortie progressive du nucléaire

mardi 18 septembre 2012

Le Parti socialiste ne peut plus adopter une position mi-chèvre, mi-chou sur le sujet du nucléaire civil. La catastrophe japonaise de 2011 est venue opportunément nous rappeler que si la sécurité autour du nucléaire civil réduit au maximum les risques, les conséquences d’un accident nucléaire civil – aussi rare puissent-ils être – sont malheureusement irrémédiables. Et de Tchernobyl à Fukushima, la propriété privée ou publique ne change malheureusement pas grand-chose à cette situation (bien qu’il soit préférable que l’industrie nucléaire française reste sous la férule publique plutôt qu’elle s’ouvre à des fonds souverains koweïtiens).

Le choix du nucléaire n’est en définitive aucunement rationnel d’un point de vue humain au regard non de la fréquence mais de la nature du risque encouru.

Il faut évidemment aborder de front les questions importantes que la sortie du nucléaire soulèvera en termes de politique industrielle et d’emplois, de coût de l’énergie, etc. Mais, chaque année, comme usagers/clients ou contribuables, les Français paient finalement beaucoup pour le fonctionnement, la production, l’entretien des centrales, la recherche nucléaire. Tout démontre par ailleurs que les prestataires et les opérateurs ont très largement sous-estimé le coût de l’entretien des vieilles centrales et de l’inéluctable démantèlement de celles qui arriveront en fin de vie.

La majorité des centrales françaises sont âgées, il est donc temps de se poser les bonnes questions. Si la filière nucléaire soit une industrie d’avenir, c’est dans son volet démantèlement car cela prendra plusieurs dizaines d’années et nécessitera l’intervention de dizaines de milliers d’employés formés, de milliards d’euros investis dans l’innovation, la recherche et l’activité elle-même.

Il n’est pas vrai que, sur une génération, les solutions industrielles et technologiques ne puissent pas émerger pour prendre le relais du pétrole et du nucléaire. La recherche et l’innovation énergétique seront par ailleurs productrices d’emplois durables, car par définition les sources d’énergie renouvelable ne sont pas délocalisables, alors que nous importons notre uranium pour une large part.

Le Parti socialiste ne peut pas non plus adopter une posture politiquement cynique supposant qu’il adopterait dans l’ambiguïté une position d’équilibre lui permettant de négocier un accord avec ses partenaires de gauche. Cette posture politicienne serait solder à peu de frais la santé et la vie de nos concitoyens, mais elle est en plus stratégiquement fausse : Aujourd’hui, le choix de la sortie du nucléaire est beaucoup facteur de rassemblement avec un Front de Gauche, qui a évolué depuis la posture nucléariste du PCF, et avec les écologistes.

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