Général, Vie du parti

Denis Vicherat – Membre du Conseil fédéral Paris, soutient la motion 3.

jeudi 27 septembre 2012

Signataire de la contribution « Socialiste, écologiste et altermondialiste » initiée par le Mouvement Utopia, je soutiens la motion 3 qui porte en sous-titre « Le social au cœur, l’écologie en avant. » Car il est grand temps que notre parti arrête d’opposer le social et l’écologie, comme c’est encore trop souvent le cas.

Aujourd’hui tout le monde s’accorde, à gauche comme à droite, pour dire que la transition énergétique est un impératif. Il nous faut la transformer en opportunité.
Au delà du pillage des ressources naturelles, de la destruction des écosystèmes et de la biodiversité et bien sûr du dérèglement climatique, nous ne sommes qu’au début de l’augmentation inéluctable du coût des matières premières et des énergies. Si l’on remonte en peu en amont de la crise de 2008, on s’aperçoit que son origine se trouve à la fois dans la crise de la répartition de la valeur ajoutée entrainant la montée des inégalités, et dans la crise alimentaire de 2006. Fortement endettés, les ménages américains les plus modestes n’ont pas supporté l’augmentation de l’énergie et de l’alimentation, ce qui a entraîné la crise financière, transformée ensuite en crise de la dette publique qui s’est propagée en Europe.

Certains sont donc à l’origine de ces phénomènes tandis que d’autres les subissent. Energie et alimentation sont liés : notre système alimentaire est fortement consommateur d’énergie. La malbouffe et l’obésité touchent d’abord les classes populaires. Ajoutons que l’alimentation, dans sa chaîne complète, représente 40% des émissions de GES.

Il importe donc d’introduire de la justice sociale dans notre approche de la transition énergétique, en liant fortement questions environnementales et questions sociales. C’est à la fois un impératif et une urgence et c’est l’esprit que je retrouve dans la motion Maintenant la gauche.

Notre dépendance aux énergies fossiles et son coût global (61 milliards d’euros en 2011), les risques et les coûts liés à la poursuite du nucléaire et la progression constante du nombre de foyer en situation de précarité énergétique nécessitent la refonte de notre système énergétique. Celui-ci, en raison notamment de la centralisation des capacités de production électrique et du manque de moyens et de compétences des collectivités territoriales, ne permet pas d’atteindre les objectifs de réduction de nos importations d’énergies fossiles et des émissions de gaz à effet de serre, et aussi de répondre à la précarité énergétique de certains de nos concitoyens.

Les orientations proposées par la motion Maintenant la gauche permettraient de répondre à ces défis.

Le débat prévu sur la transition énergétique ne saurait se limiter à l’engagement de réduire la part de l’électricité nucléaire de 75% à 50% d’ici 2025, même si bien sûr il doit être tenu. Certaines déclarations préalables à ce débat vont dans la bonne direction, (tarification progressive de l’électricité, gaz de schiste) mais l’importance et l’urgence de la situation exigent d’aller plus loin. Ce débat doit notamment permettre de définir les objectifs et les moyens à mettre en œuvre en termes de réduction de la consommation d’énergie, d’efficacité énergétique, de développement des énergies renouvelables et de réduction des GES. La transition énergétique doit être l’occasion d’opportunités qu’il nous faut saisir.

Ces enjeux imposent également une convention nationale de notre Parti, pour que les militants puissent s’exprimer sur ce sujet dans la perspective de la future loi de programmation sur la transition énergétique.

Denis Vicherat (75)
Membre du Conseil fédéral Paris Bureau national d’Utopia Editeur

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