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Emmanuel Maurel – Après le Brexit, l’Union européenne doit retrouver ses fondamentaux si elle veut survivre

vendredi 24 juin 2016

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A chaud, et avant de plus longs développements, quelques points relatifs au Brexit.

1) c’est toujours bien de demander son avis au peuple. Respecter le verdict du peuple souverain, c’est la moindre des choses (ça parait évident mais ce n’est hélas pas toujours le cas, cf. 2005).

2) il n’y pas d’explication univoque d’un vote référendaire. Bien sûr, il y a des xénophobes qui ont voté pour le Brexit, mais aussi des progressistes. Evidemment, il serait absurde de considérer que les Anglais ont voté contre « l’Europe libérale ». Mais il est incontestable qu on retrouve les mêmes fractures (territoriales, de classes, de générations) qu’à l occasion des autres consultations sur l’Europe, vécue comme insuffisamment protectrice face à une mondialisation (dans toutes ses dimensions : économique, sociale, migratoire, etc.) qui fracasse les repères, crée de l’insécurité, etc.

3) rien de pire que de résumer le débat de l’après Brexit à une confrontation entre méchants « populistes » (si on pouvait arrêter une fois pour toutes avec ce terme !) et gentils « pro européens ». Il y a une grande diversité de points de vue chez les partisans de l’unification politique du continent, dont je suis. En gros, je ne me reconnais pas plus dans les idées de Farage que dans celles de Schaüble.

4) C’est une évidence que l’Europe (dont, rappelons le toujours, l’essentiel de la législation est décidée par les États membres eux-mêmes, qui font mine de regretter, de retour chez eux, ce qu’ils ont décidé à Bruxelles !) donne l impression, depuis au moins deux décennies, de se construire en dépit des peuples, voire contre les peuples. Si « refondation » il doit y avoir, elle ne saurait être que profondément démocratique. Et ça, c’est pas gagné.

5) le Brexit appelle une réaction forte des dirigeants européens. Mais il faut de défier de toute précipitation institutionnelle. Pour réconcilier les européens avec une Union qui apparaît au mieux comme une coalition impuissante au pire comme un consortium post démocratique service exclusif des détenteurs du capital, il faudra autre chose que la promesse d’un nouveau « saut fédéral » qui, à ce stade, sonne comme une fuite en avant.

6) Dès lors la solution n’est certainement pas dans un renforcement de la coordination des politiques par des instances techniques incapables de s émanciper de l’idéologie dominante. Il faut préférer l’Europe des projets à celle des règles. Il faut privilégier la relance de l’intervention à celle de l’intégration. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs : avant toute avancée institutionnelle, il faut revoir les priorités de l’UE. C’est là que la France a un rôle décisif à jouer, pourvu qu’elle soit prête à une franche explication avec ses partenaires, à commencer par l’Allemagne.

7) après avoir longtemps été notre ennemie héréditaire, la Grande Bretagne à été notre alliée fidèle, fière et superbe. J’avais juste envie de dire à quel point j’aimais et admirais ce peuple !

Emmanuel Maurel, député européen socialiste

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