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Emmanuel Maurel, « Candidat pour une nouvelle synthèse au PS » – Les Dernières Nouvelles d’Alsace

vendredi 12 janvier 2018

Entretien donné aux journaux du groupe EBRA (Est de la France : DNA, Le Dauphiné Libéré, L’Est Républicain, Le Progrès, etc.) et publié le 11 janvier 2018

L’eurodéputé Emmanuel Maurel, membre de l’aile gauche du PS, ne faisait pas mystère de ses ambitions pour le poste de premier secrétaire. Il annonce officiellement sa candidature dans nos colonnes.

Vous officialisez votre candidature. Vous pensez donc que le PS a un avenir ?

« C’est précisément ce qui motive ma candidature. Même si le PS est en mauvais état après sa double déroute électorale du printemps, on peut remonter la pente. Si la gauche est capable de redevenir elle-même, elle sera au rendez-vous de 2022. »

Comment ?

« Cela suppose plusieurs étapes. Il faut d’abord comprendre ce qui nous est arrivé. Ensuite, il faut de la clarté. Certains ont été trop ambigus par rapport à Emmanuel Macron. Nous sommes dans l’opposition, et il faut expliquer pourquoi : l’idée qu’il se fait de l’individu et de la société est aux antipodes de la conception socialiste. Emmanuel Macron n’est ni de gauche ni de gauche. Il mène une politique libérale, dure avec les plus faibles, avec le monde du travail : à nous de lui opposer une alternative crédible. Mais on ne peut pas aspirer à revenir aux responsabilités très vite si on n’est pas dans une démarche unitaire. »

Avec qui s’allier ?

« Ma chance, c’est que je peux travailler avec tout le monde. Il y aura dans ma motion des gens qui ont un parcours très différent du mien et avec qui, parfois, je me suis affronté. C’est l’idée d’une synthèse nouvelle : on tourne la page, y compris celle du quinquennat Hollande, on en revient aux fondamentaux qu’on n’aurait jamais dû abandonner, on se fixe des objectifs très clairs, à l’élaboration desquels les militants sont étroitement associés. »

Donc, il y a un espace pour le PS entre Macron et Mélenchon ?

« Il y a une utilité historique du PS, et cela n’a pas disparu. Le partage des richesses, au cœur de notre identité, reste d’actualité. Le PS redeviendra central à gauche s’il renoue avec les classes populaires et moyennes qui se sont détournées de lui. Il ne faut oublier ni d’où l’on vient, ni pour qui on se bat. »

Qu’est-ce qui vous sépare de Mélenchon ?

« Il a théorisé que le clivage principal n’était pas entre la gauche et la droite, mais entre l’oligarchie et le peuple. Je reste attaché à la notion de gauche. Avec Macron, on a une différence de nature, et avec Mélenchon une différence de degré. Sur certaines questions, il voudra aller plus loin, plus vite. Je suis d’une gauche de gouvernement classique, qui croit à l’utilité des corps intermédiaires. »

Lors de ce congrès, vous serez opposé à des candidats qui ont une ligne moins à gauche. Est-ce une chance pour vous ?

« Je suis à gauche, mais je n’ai pas l’impression d’être un maximaliste ! Républicain,

antilibéral, écologiste : j’ai ma cohérence, ma constance, et des propositions pour relever le PS. J’espère qu’on aura un débat sur le cap stratégique, les alliances, le rapport à l’Europe, les moyens de répondre à l’aspiration égalitaire, mais que ce ne sera pas un concours de trombines. »

Le PS est-il réconciliable ?

« Le PS a longtemps privilégié la méthode de la synthèse. Cela permettait de mettre en mouvement le parti et la société. Renouons avec cette culture du compromis. C’est possible si on met tout sur la table, si on n’a pas renoncé à agir en socialistes. C’est un préalable. »

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