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Emmanuel Maurel : « Je m’adresse à vous, camarades socialistes… » #PasEnNotreNom

vendredi 19 février 2016

Je m’adresse à vous, camarades socialistes de la majorité du PS que je sais sincères.

Vous estimez que, compte tenu du contexte difficile, de la nature de nos institutions, il faut savoir faire bloc derrière le président et le premier ministre qui sont issus de nos rangs. Parce qu’il y a en face de nous une droite à l’offensive, une extrême droite en embuscade. Parce que l’exercice du pouvoir est rendu compliqué par un extraordinaire réseau de contraintes. Je peux comprendre cela. Je peux même comprendre, parce que rien ne m est plus étranger que le sectarisme, que la démarche de celles et ceux qu’on appelle abusivement les « frondeurs » vous agace parfois, compte tenu de la gravité du moment.

Mais avouez que, depuis quelques mois, les choses se sont considérablement aggravées. Le débat sur la déchéance de nationalité, la position du premier ministre sur les réfugiés, sa déclaration sur l’existence de « deux gauches irréconciliables » et, maintenant, cet ahurissant projet sur le droit du travail, visant tout bonnement à déconstruire….tout ce que la gauche politique et sociale avait patiemment conquis pour les salariés de ce pays.

Nous n’avons pas une mémoire de poisson rouge : il y a moins de cinq ans, nous aurions défilé tous ensemble, avec le reste de la gauche, dans la rue, contre chacune des mesures qui est aujourd’hui prévue dans le projet El Khomri. Il y a moins de cinq ans, nous expliquions que ce n’était pas en travaillant plus et en facilitant les licenciements qu’on parviendrait à faire reculer le chômage de masse. Que ce n’était pas en rognant les droits des salariés qu’on allait gagner la bataille de l’emploi. Ce que nous avons dit hier reste vrai aujourd’hui. Nous n avons pas été élu(e)s pour cela! Les camarades siégeant à l’assemblée nationale au nom de notre Parti n’ont pas été élu(e)s pour cela!

Commencer par le mariage pour tous et finir par la déchéance pour tous et la fin des 35 heures : cela ne peut pas être le destin de ce quinquennat.

Dans les sections, dans les fédérations, faisons passer ce message simple : pas en notre nom!

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2 réactions

  1. Sainte Croix Jean. dit :

    Chers Camarades,
    Il y en a marre d’entendre certains socialistes libéraux de traiter les vrais socialistes de gauche de frondeurs !
    Ce mot « frondeur », est une insulte qui leur sert à dévaloriser, humilier et ridiculiser une partie des militants, élus et sympathisants socialistes aux yeux du grand public.
    Ce grand public, qui de fait, rejettera, ne prendra pas au sérieux les propositions élaborées par la Motion B, de A gauche pour gagner et autres!
    Il faut combattre les « socialistes libéraux » qui nous insultent, leur dire qu’il n’y a pas de frondeur mais des rénovateurs, des visionnaires, des réformateurs porteurs de valeurs au service du peuple.
    Les frondeurs se doivent de trouver leur propre appellation qui valorisera la notoriété du mouvement qui se lève et qui se doit de devenir majoritaire ou mourir étouffé…!

  2. Pour ou contre l’idéologie du chef du gouvernement social libéral actuel, notre « camarade  » Manuel Valls, issu de nos rangs et passé au service du MEDEF.

    Pour ou contre la lutte de riposte des salariés qui s’organise, malgré leur état de subordination.

    La classe ouvrière et les salariés de notre pays méritent beaucoup plus de respect et ils attendent de la part des camarades élus et issus de nos rangs un engagement à les soutenir.

    Arrêtons de prendre les travailleurs pour des ignares qui seraient incapables de juger de la teneur des textes qu’on tente de leurs imposer.

    La gauche gagne lorsqu’elle respecte ses valeurs.

    Jean-François Gonel – Adhérent PS – Eure et Loir

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