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Gérard Filoche : « En France, il y a un engouement autour des primaires »

lundi 8 février 2016

Filoche-150x150Article paru dans La Montagne le 5 février

Gérard Filoche, membre du bureau national du PS, était invité par la CGT, hier, à Désertines, pour une après-midi d’étude des lois Macron et Rebsamen, suivie d’un débat public.
L’inspecteur du travail à la retraite ne fait pas dans la langue de bois. Situé politiquement à la gauche du PS, il critique ouvertement le gouvernement actuel.

Avez-vous fait bon voyage ?

C’était épouvantable, j’ai mis trois heures pour faire Vierzon-Montluçon, on était huit dans le car. Il n’y avait même pas de prises électriques, avec les genoux sous le menton… On devrait pouvoir venir en train quand même.

Vous avez la loi Macron dans le viseur…

Rien n’est bon dans le Macron. Les 308 articles sont toxiques. C’est une loi antidémocratique, personne ne l’a votée. Il n’y a même plus besoin de députés. C’est pour ça qu’il faut passer à une sixième république, il faut changer de constitution. Ça fait cinquante ans que je le dis.

… et la réforme du Code du travail.

Vous appelez ça réforme ? Le principe même de code est en cause, c’est un possible retour au droit civil. Le ministère du Travail est devenu autonome de celui de l’économie suite à la catastrophe minière de Courrières en 1906. Dès lors, le droit du travail a cessé d’être accolé à l’économie. Mais Hollande a récemment déclaré qu’il voulait adapter le droit du travail aux besoins des entreprises. C’est une contre-révolution. Les soixante et une propositions de Badinter sont bricolées, les juristes s’en rendent compte. Le gars n’a jamais travaillé de sa vie. Il ne parle même plus de majoration, mais de compensation. C’est un vrai pervers, il va à Davos pour dire en anglais que de facto, il a cassé les 35 heures, pour que les médias français ne le reprennent pas. Valls avait déjà fait la même chose en Chine. Badinter, c’est une honte d’utiliser un si beau nom pour faire un si sale boulot.

Vous n’envisagez pas de quitter le PS ?

Pourquoi je laisserais mon parti ? Hollande n’est ni le candidat naturel, ni légitime. Valls avait fait 5 % aux primaires. Il faut qu’on crée une plateforme commune à la gauche, que tous les candidats s’engagent à respecter. En France, on a 18 partis de gauche, avec près de 30 orientations différentes. Si on n’a pas un candidat unique de la gauche en 2017, on est foutu pour le deuxième tour, ça sera LR contre FN.

Vous êtes optimiste pour une victoire de la gauche en 2017 ?

Le vent souffle à gauche, au Portugal, en Grande-Bretagne avec Corbyn, et même aux États-Unis avec Bernie Sanders qui a failli remporter la première primaire. En France, il y a un engouement autour des primaires, il y a une vraie dynamique, elle est là, cachée, je la sens. Il y a trois ans, tout était à gauche, même le Sénat. Les Français ne peuvent pas avoir changé d’avis en trois ans, c’est le gouvernement qui est passé à droite. Cambadélis dit qu’il y a eu un retournement de l’opinion à droite, mais ce n’est pas vrai, il se voile la face.

Romain Beal

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