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Julien Dray : Florange, Nationalisation ! Oui et alors ?

dimanche 25 novembre 2012

Pour ceux qui auraient délaissé quelques instants la telenovela palpitante de l’élection du Président de l’UMP, il a été possible de s’intéresser au destin de l’usine de Florange.

Le Ministre du Redressement Productif a évoqué jeudi la possibilité d’une nationalisation transitoire du site. Il a eu raison.

Michel Sapin, Ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social, par ailleurs homme d’avenir à ses heures, a expliqué, quant à lui, « qu’on n’est plus dans une époque où on nationalise la sidérurgie ». L’affaire s’est soldée par un communiqué commun des deux Ministres « tenant à préciser qu’ils partagent le même but pour le site de Florange : trouver une solution qui garantisse son avenir intégré et y permette le maintien de l’emploi ». On sent que le « recadrage » a été sévère et que ce communiqué camoufle mal deux lignes différentes sur ce dossier. Les Ministres partagent « le même but ». Certes. Le même but mais pas les mêmes moyens si l’on en croit les différentes déclarations des deux protagonistes. Si Arnaud Montebourg a heureusement révisé son jugement sur les nationalisations et opéré un virage salutaire pour l’industrie sidérurgique, Michel Sapin, quant à lui, s’en tient à un discours de refus obstiné de l’intervention de l’Etat. Vieille divergence avec Michel Sapin, qui ne se trouve pas, disons le clairement, dans son domaine de prédilection.

Il ne s’agit pas évidemment de mutualiser les pertes en laissant les profits privatisés. Il s’agit de reconquérir des moyens d’action pour sauver une filière, de développer nos savoir-faire et technologies et de redynamiser un territoire. Cette option a été plus fois réaffirmée sur ce blog depuis juin.

C’est donc par nécessité, idéologie et pragmatisme que l’on doit nationaliser Florange. Nécessité devant l’urgence. Idéologie parce que la gauche doit revendiquer l’idée du retour de l’Etat dans l’économie. Pragmatisme parce qu’en l’occurrence il s’agit de la solution la plus adéquate : quelle autre solution nous proposerait on que la prise de contrôle par l’Etat de ce site industriel important ?

La mise au pas de féodalités économiques est une condition de la reconquête industrielle nécessaire au pays. Le bras de fer avec la famille Mittal ne saurait se solder par un échec de ceux qui portent la volonté et l’espoir des Français.

Il est temps, face à l’attitude de Monsieur Mittal, de nationaliser Florange, fut-ce à titre transitoire. Des millions de nos concitoyens attendent un acte fort dans la crise. Il est temps de l’accomplir.

>>> Lire sur le blog de Julien Dray

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