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La gauche du PS veut un changement de cap

lundi 22 avril 2013

Emmanuel-Maurel-Jerome-Guedj-et-Marie-Noelle-Lienemann-lors-d-une-manifestation-de-soutien-avec-des-salaries_pics_180EXCLUSIF JDD – En présentant lundi un programme de « relance écologique et sociale », l’aile gauche du parti plaide pour une alternative à la rigueur. 

C’est la relance de la relance. Déjà, en février dernier, l’aile gauche du PS appelait à un « tournant » et à un changement de politique économique. Lundi, ses trois principales figures – Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj -, accompagnées de deux économistes, présenteront un argumentaire détaillé d’une trentaine de pages. Soit un plan de relance de 44 milliards d’euros jouant à la fois sur la consommation et sur des investissements publics (lignes à grande vitesse, haut débit, voitures électriques, etc.). Le tout soutenu par un emprunt national. « En cette période qui ressemble à un Munich économique et social au profit des marchés », comme on peut le lire dans ce document que le JDD a consulté (voir ci-dessous), l’aile gauche du PS voudrait transformer François Hollande en un nouveau Roosevelt.

« Nous voulons nous affranchir des 3% de déficit budgétaire. Mais après, cela ne peut pas être une plongée dans le vide. Donc nous avons voulu donner du contenu et faire des propositions. Sans changement de cap, on va dans l’impasse avec une spirale rigueur-récession qui va s’enclencher », prévient la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. « On a toujours dit qu’on ferait le redressement dans la justice. Aujourd’hui, le risque est que le redressement se fasse au détriment de la justice », pique Emmanuel Maurel. Pour préparer cette note, l’aile gauche du PS assure avoir pu compter sur une grosse poignée de hauts fonctionnaires, souvent jeunes, « vraiment énervés » et qui pourraient bientôt sortir du bois. « Nos énarques atterrés », sourit Emmanuel Maurel. « Les politiques d’austérité et de rigueur sont des choix, mais ce ne sont pas les seules possibles. La ligne actuelle préserve les intérêts de la bourgeoisie », tranche l’un d’eux, qui a participé à l’argumentaire devant crédibiliser leur idée de relance.

« Plus de débats au gouvernement qu’au sein du PS »

Au sein du gouvernement, certains comme Arnaud Montebourg, Cécile Duflot ou Benoît Hamon, ont tenté d’infléchir la ligne. Samedi dernier, le conseil national du PS devait être l’occasion d’une « mise au point », comme le promettait Henri Emmanuelli. Mais entre-temps, Hollande a prévenu qu’il ne changerait pas de politique. Et, à la veille du conseil national, Ayrault a réuni pour la première fois Harlem Désir et les principaux ministres de la majorité du PS – Hamon et Montebourg compris – pour resserrer les rangs. Résultat, le grand déballage n’a pas eu lieu. « Parfois, il y a plus de débats au gouvernement qu’au sein du PS », regrette Marie-Noëlle Lienemann.

Ce recadrage qui se poursuit dimanche par un séminaire des députés PS avant le vote mardi de la feuille de route européenne du gouvernement n’empêche pas les proches de Hamon de se faire entendre, en s’abstenant par exemple lors du vote de l’accord sur l’emploi. Quitte à provoquer de sérieuses explications de texte. Preuve que la ligne sociale-démocrate n’est pas vraiment la sienne, le courant de Hamon plaide pour sortir les investissements productifs du calcul des déficits, milite pour ralentir le rythme du désendettement et pour reprendre une vaste réforme fiscale tout en émettant quelques doutes sur une relance salariale qui n’aurait lieu qu’en France. « Le débat est en train de monter », assure Guillaume Balas, animateur de ce courant. « Une politique de relance n’est possible que par l’Europe mais il faudrait déjà arrêter la politique de rigueur et dire que l’année prochaine on ne tiendra pas non plus les 3 % », confiait récemment Malek Boutih, proche de Montebourg.

Une petite musique qui en fait sursauter quelques-uns au PS. Maurel-Guedj-Lienemann? « Je connais leur logorrhée. Ils ne contribuent pas à la réussite du gouvernement. Quant aux hamonistes, il serait temps qu’ils choisissent », plaide Carlos Da Silva, proche de Valls et soutien de Désir, tempêtant contre le « surmoi marxiste » du PS. « Je ne vois pas bien le surmoi marxiste du PS, mais je vois bien l’inconscient libéral de mes petits camarades », réplique Maurel.

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1 réaction

  1. Hylite dit :

    SVP, faites-nous changer d’avis, faites quelque chose pour relancer l’économie… j’ai peur que beaucoup de socialistes en viennent à voter un extrême prônant la haine en 2017 si vous voyez ce que je veux dire…

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