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Le Monde 22 avril 2013 L’aile gauche du PS présente un contre-projet économique

lundi 22 avril 2013

Après la stratégie politique, le programme économique. L’aile gauche du PS, qui appelle à un « nouveau pacte majoritaire rouge-rose-vert » incluant les communistes, présente lundi 22 avril au Sénat son « plan de relance écologique et social pour la France et l’Europe ». Ce document de 30 pages est signé par la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann, le vice-président du conseil régional d’Ile-de-France Emmanuel Maurel, le député de l’Essonne Jérôme Guedj, ainsi que les économistes du courant « Maintenant la gauche », David Cayla et David Vasseur, ancien conseiller d’Arnaud Montebourg.

Mobilisant 43 milliards d’euros en deux ans, ce « plan » doit permettre de créer ou de préserver 500 000 emplois et est destiné à « s’affranchir d’une certaine orthodoxie libérale et budgétariste ». Au moment où le FMI prévoit une croissance négative en France en 2013 et où certains gouvernements sociaux-démocrates européens questionnent la règle des 3 %, l’aile gauche veut enfoncer un coin. « C’est le moment d’ouvrir l’indispensable débat sur une réorientation de la politique économique », estime Mme Lienemann, prenant exemple sur le « New Deal » de Roosevelt pour soutenir « un tournant de la relance » contre « un Munich économique et social au profit des marchés financiers ».

Ce plan prévoit « à court terme » la relance de la consommation, par une amélioration « temporaire de l’indemnisation du chômage et du chômage partiel dans les entreprises » et l’utilisation de la moitié du montant du crédit d’impôt compétitivité versé aux secteurs « non exposés à la concurrence internationale » pour embaucher ou augmenter les salaires après des « accords de branches ». A moyen terme, une relance par des « investissements publics », financés en partie par un « emprunt national », doit favoriser la réindustrialisation avec « la construction d’infrastructures de transports » et « la montée en puissance des filières nécessaires à la transition énergétique ». Enfin, une « grande réforme fiscale » doit être la « garantie d’une croissance à long terme ».

AVERTISSEMENT

Ce plaidoyer pour un socialisme de la demande va totalement à contre-courant du « sérieux budgétaire » prôné par le gouvernement. Pour François Hollande, la France ne sera crédible en Europe que si elle est d’abord vertueuse chez elle et diminue sa dette publique. Récemment, l’Elysée a rappelé à l’ordre les ministres qui, comme Arnaud Montebourg ou Cécile Duflot, ont appelé à une inflexion du cap économique. « La France compte pour ce qu’elle est dans le monde, pas pour son PIB », s’agace Mme Lienemann, selon laquelle « il ne suffit pas d’attendre en apurant les finances publiques que la croissance veuille bien revenir ».

Si ses idées ont peu de chances d’aboutir dans l’immédiat, l’aile gauche du PS met en garde le chef de l’Etat. « C’est bien parce qu’il y avait eu une première phase de relance que le peuple de gauche n’a pas brutalement rejeté Mitterrand après le tournant de la rigueur, et c’est parce qu’il n’y a rien eu de tel, durant son second septennat, qu’il fut sanctionné si durement en 1993. » Un avertissement qui vaut pour les élections de 2014 et 2015 comme pour le rendez-vous présidentiel de 2017.

Bastien Bonnefous

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