Dans les départements

Lettre aux parlementaires par MLG Charente

jeudi 11 septembre 2014

11/09/14 – Lettre aux parlementaires par Maintenant la gauche Charente

Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur
Madame la Député, Monsieur le Député
Chère, Cher Camarade

Responsables, militants dans la fédération de Charente du Courant Maintenant la Gauche présenté lors du dernier Congrès, nous ne pouvons que réagir face aux décisions prises par l’exécutif qu’elles soient récentes ou plus anciennes.

Nous avons bien conscience que notre voix est faible face à l’occupation médiatique omniprésente. Mais nous ne voudrions pas que notre silence soit pris comme un cautionnement de ces actes qui sont contraires aux intérêts de la France, des citoyens et plus particulièrement de tous ceux qui souffrent de plus en plus des conséquences de ces décisions.

Vous avez été élus dans la foulée d’une présidentielle qui a porté un des nôtres à la Présidence de la République, sur un projet politique validé par les militants du Parti en juin 2011, issu d’une large concertation qui nous a tous mobilisé pendant des mois.

Nous constatons qu’un grand nombre de parlementaires subissent de la part de l’exécutif des pressions énormes pour obtenir un vote validant les projets de loi qu’il propose au travail législatif. Nous ne pouvons que dénoncer cette déresponsabilisation de plus en plus grande du législateur.

Si vous êtes dans les fonctions où vous êtes nous revendiquons le droit d’en être aussi responsables, ne serait-ce que par les actions militantes que nous avons pu déployer à vos coté lors de vos campagnes respectives.

Nous aimerions parfois, …souvent, que les actions législatives soient plus en conformité avec ce que nous croyons juste. Nous constatons que de plus en plus souvent, ce n’est pas le cas.
Plus grave, de plus en plus de nos concitoyens désespèrent de ses élus, de nous, de toute action politique.

Il nous faut donc trouver une manière de peser plus que les influences que vous subissez de la part d’un système de plus en plus centralisé sur un seul homme : le Président de la République et où toute « critique » est prise comme une volonté de bloquer « Le Changement ».

Nous avons désormais un premier ministre qui applique le projet qu’il a eu l’occasion de défendre lors de la Primaire Socialiste. Force est de se souvenir que lors de cette consultation il était tout sauf majoritaire. Il vient de faire le coup de force auprès du Président pour qu’il n’y ait plus de voix discordantes dans son équipe. Les interventions de Saône et Loire de fin Aout à ce sujet, ont été contre productives.
Notre parti a été, et sera sans doute encore longtemps, traversé par des courants plus ou moins interventionnistes sur la plus juste répartition du produit du travail. Car c’est là la question essentielle à résoudre avec les actions d’éducation, et de culture sans parler de l’organisation institutionnelle de la représentativité du peuple.

– Il avait été annoncé une lutte contre la finance. On nous annonce que les grandes entreprises françaises sont les championnes d’Europe de l’augmentation des dividendes. Il serait instructif de comparer les mesures de contrôles de plus en plus tatillonnes envers les associations pour justifier l’utilisation de subventions de quelques centaines d’Euro et l’absence de contreparties demandées aux entreprises pour toucher les aides actuelles du CICE qui parfois se montent à plusieurs millions d’Euro.

– Il avait été annoncé une conférence sociale pour que les partenaires sociaux – dans un rapport de force déséquilibré, mais quand même – travaillent sur ces questions de droit du travail et des revenus. On nous annonce qu’on va modifier le code du travail par ordonnance en passant en plus allégrement par-dessus le travail parlementaire.
– Il avait été annoncé une grande réforme fiscale. On a supprimé quelques niches fiscales qui, in fine ne font qu’alourdir les contributions au redressement du pays des salariés ou pensionnés les plus modestes.

– Il avait été annoncé des suppressions de cotisations salariales pour augmenter le pouvoir d’achat tout en sachant que cela ne créera pas un seul emploi – même à temps partiel, même en CDD. Cela a été retoqué par le Conseil Constitutionnel. Il aurait été bien plus simple, pour augmenter le pouvoir d’achat, de revaloriser le smic au-delà du minimum des augmentations légales.

– Il avait été annoncé une répartition plus juste des contributions de chacun : On constate que les efforts des plus faibles sont de plus en plus importants alors que les riches voient leur patrimoine se réévaluer de façon conséquente sans efforts particuliers pour y parvenir. Le nombre de personnes en-dessous du seuil de pauvreté augmente. La pression fiscale est de plus en plus importante sur les classes moyennes qui, elles, ne peuvent profiter de réductions fiscales.
– On pourrait sans doute allonger la liste : rappeler la réforme des retraites, l’engagement de ne pas toucher aux taux de TVA…

La défiance s’installe à, l’encontre de toute la classe politique. Les élus nationaux, au regard de l’électeur moyen, paraissent comme des nantis qui pensent plus souvent à leur carrière qu’à apporter des réponses crédibles aux problèmes de chacun. Il faudra beaucoup de temps, de patience et de preuves pour inverser cette façon de penser

Poursuivre une politique qui a fait la preuve de son inefficacité, être autiste au point de ne pas entendre les « vrais gens », ignorer superbement le résultat des deux consultations électorales précédentes, continuer cette politique, la soutenir c’est faire le lit de l’extrême droite, c’est autoriser ceux qui nous soutenaient à ne plus s’abstenir mais à voter « pour essayer autre chose »

Nous vous demandons, lors des débats qui s’engagent ces jours-ci au parlement, de trouver toutes les solutions possibles pour manifester votre désaccord, notre désaccord sur une politique qui n’a jusqu’à présent, produit aucun des résultats qu’elle était sensée produire : la diminution du nombre de chômeurs, une plus juste répartition des revenus de l’activité économique entre le capital et le travail.

Soyez assurés de notre engagement à vos cotés dans ce débat démocratique y compris si les propositions faites par l’exécutif vous obligent à un vote de défiance.

Il y va de votre crédibilité en tant que représentants de vos mandants, de la crédibilité de notre parti auprès des électeurs ainsi qu’auprès de celles et de ceux qui, convaincus, restent, contre vents et marées, adhérents actifs de notre parti.

Qui pourra vous reprocher d’être fidèles aux idées, aux convictions que vous avez défendues devant les électeurs et qui ont fait qu’ils vous ont accordé leur confiance ?

Jean-Michel Pascal   Brigitte Marciniak   Christian Perillaud

et les membres de MLG 16

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