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Marc Sadoun soutient la motion 3 !

jeudi 11 octobre 2012

Ayant adhéré depuis bientôt 25 ans au PS, je me suis toujours inscrit dans sa ligne majoritaire, autant dire son courant aussi responsable que raisonnable…

Secrétaire de section de Conflans Ste Honorine (78) quand Michel Rocard et Jean-Paul Huchon étaient encore présents à chaque réunion plénière, puis 11 ans conseiller spécial du second devenu Président de la Région Ile de France, j’ai dit oui à tout de longues années durant.

De Maastricht (1992) au TSCG (2005), de la rigueur « de gauche » à la promesse de renégociation de traité « Merkozy », j’ai dit oui. Sincèrement et avec conviction.

Aujourd’hui, avec  François Hollande à l’Elysée, Jean-Marc Ayrault à Matignon, Pierre Moscovici à Bercy, et l’Assemblée nationale, le Sénat, l’essentiel des Régions, Départements, Grandes villes et Agglomérations à majorité de gauche, j’aurais donc tout pour être comblé, et je devrais courir les routes, le cœur battant, pour dire et redire que « bien voter » au prochain congrès de Toulouse, c’est voter motion 1.

Pourtant, je vais voter motion 3.

Pourquoi ?

J’ai toutes ces années cru et plaidé que la politique des petits pas, du respect des critères européens type 3% dans un calendrier contraint, en d’autres temps du franc fort comme aujourd’hui de l’euro stable, était non seulement la bonne politique, mais de surcroit la seule possible.

A regarder attentivement la situation actuelle, il est pourtant patent que la réussite n’est pas totale.

Doux euphémisme, même si, bien sûr, 10 années de droite n’ont rien arrangé, loin s’en faut.

Pire, qui croit encore sérieusement qu’en 2013 la croissance sera de 0,8%, que le déficit budgétaire sera ramené à 3% et même à 0 d’ici la fin du quinquennat commençant, ou, qu’avec  la rigueur qui se profile sous administration de la technocratie bruxelloise, le chômage va reculer significativement dans les temps qui viennent, les salaires retrouver du souffle et les services publics de la vigueur ?

Personne…pas même dans les rangs socialistes…

De fait, il faut desserrer l’étau.

Mieux, c’est bien parce que la gauche est aux responsabilités qu’il est urgent de desserrer l’étau.

Plus encore, seule la gauche peut desserrer l’étau, lancer ainsi une nouvelle dynamique, et proposer alors une réelle alternative plutôt qu’une tristounette alternance.

Sans se perdre ni s’abreuver de chiffres pas plus que d’illustrations socio-économiques dont le texte de la motion 3 ne manque pas, ma conviction est faite : c’est de ce côté-là qu’il faut regarder, c’est cette réorientation là qu’il faut accomplir.

Un congrès socialiste c’est aussi le moment et le lieu où le militant doit s’interroger sur le rôle voire même la nature de son parti.

Tant a été dit et écrit sur la façon dont s’est cadenassé celui de Toulouse (calendrier accéléré, choix du vraisemblable prochain 1er secrétaire, etc…) qu’il n’est pas utile d’y revenir.

Nous serons passés entre octobre 2011 et octobre 2012 d’un parti qui invente et réussit les primaires à celui qui redécouvre les délices du centralisme démocratique.

Sans doute la formule mord le trait, certes, mais quand même, qu’on nous produise les listes de celles et ceux dans nos sections que ces derniers 3 mois ont fait rêver !

Le Parti socialiste doit être un lieu de débats permanents, puis de mobilisation citoyenne.

Pour ce faire, la condition première est de revitaliser son rôle naturel, à savoir sa mission d’éducation populaire. Il faut impérativement bâtir cette « école du militant » sans laquelle le PS ne réussira ni à rester à l’écoute de la société, ni à relayer ses attentes, pas plus qu’à expliquer les décisions prises.

En un mot, pour pénétrer la société et en être le relais politique face au gouvernement, fut-il mené par les nôtres, il faut être armé pour. C’est là encore une priorité fondamentale de la motion 3.

Voilà pourquoi, si seules 2 raisons devaient motiver mon choix, ce seraient celles-ci : la réorientation de notre politique économique et une nouvelle dynamique pour notre parti.

Ce n’est pas nuire au gouvernement ni mal juger les précédentes directions du parti que le dire.

C’est au contraire s’assigner collectivement les exigences qui nous rendront plus fiers encore d’être socialistes en 2017 qu’en 2012.

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