Presse, Vie du parti

Marie-Noëlle Lienemann dans Le Figaro : «Une primaire PS paraît inéluctable»

mardi 21 juillet 2015

INTERVIEW – La sénatrice PS de Paris pointe la «faiblesse politique» de François Hollande et doute qu’il puisse remonter dans l’opinion.

LE FIGARO. – Pourquoi François Hollande stagne-t-il à un si fort niveau d’impopularité?

Marie-Noëlle LIENEMANN. – D’abord parce que dans son propre camp, celles et ceux qui ont fait son élection ont vu s’accumuler beaucoup de renoncements. Non seulement François Hollande n’a pas tenu ses engagements de campagne mais il y a ajouté une série de thèses qui ne font pas partie de l’identité de la gauche. Des idées extrêmement libérales qui vont à l’opposé de ce que nous croyons. C’est par exemple l’accent mis sur les gains de compétitivité en activant le seul levier des coûts du travail alors que nous avons toujours jugé prioritaire le hors coût avec des politiques industrielles nouvelles ainsi qu’une grande réforme fiscale. François Hollande ne tient pas ses engagements mais il vient en plus nous expliquer que tout ce qui fait l’identité de la gauche est désormais caduc. C’est la même chose sur l’Europe. Il accepte la règle d’or qui impose le contrôle des déficits, ce qui va à l’encontre des Français qui avaient massivement rejeté le traité de Constitution européenne en 2005.

Peut-il remonter dans l’opinion?

Plus le temps passe, plus c’est difficile, parce que les Français sont en désaccord avec sa politique. Il n’a pas créé de rapport de force avec l’Allemagne et se retrouve à défendre des politiques d’austérité qui ont partout mené à la catastrophe. C’est le premier pilier de sa faiblesse. Ensuite il y a une faiblesse politique. N’ayant pas voulu associer l’ensemble des forces de gauche au gouvernement, il manque de soutien politique. Les communistes ne sont pas là. Il se préoccupe des Verts pour des raisons uniquement tactiques. Sa base politique est trop faible pour retrouver des marges de manœuvre.

Cela plaide-t-il pour une primaire?

Une primaire me paraît inéluctable. D’abord parce que cela donnera de la force au candidat de gauche. Ensuite parce que cela permettra aux Français de s’exprimer. La primaire doit être un moment de clarification avec le peuple de gauche. Nous aurions d’autant plus intérêt à proposer une primaire à nos partenaires que nous aurons en face de nous une droite qui aura réglé une large partie de ses désaccords et dont le candidat rassemblera son camp. Je ne comprends pas que François Hollande redoute une primaire. S’il n’est pas capable de la gagner, comment espère-t-il remporter la présidentielle? Sans primaire, c’est à l’élection présidentielle que les gens de gauche exprimeront leur colère sur sa méthode et la pensée qu’elle sous-tend.

Elle n’est pourtant pas à l’ordre du jour.

François Hollande veut l’éviter, donc la direction du PS fait tout pour l’éviter. Mais il a pour l’heure d’autres urgences…

If you enjoyed this post, please consider leaving a comment or subscribing to the RSS feed to have future articles delivered to your feed reader.

Réagir