Ecologie, Notes et arguments

OGM, pour un moratoire immédiat sur la commercialisation et la mise en culture

mercredi 19 septembre 2012

Dans notre texte de motion « Maintenant La Gauche ! »,  nous sommes les seuls à nous positionner clairement en faveur d’un  moratoire immédiat sur la commercialisation et la mise en culture des OGM.

Ce matin, la publication de l’étude scientifique menée par le professeur Gilles-Eric Séralini explique comment la consommation d’un maïs OGM par des rats de laboratoire a provoqué chez ces derniers de graves problèmes de santé : tumeurs, mortalité précoce… Or, ce maïs OGM – le NK 603 de Monsanto résistant aux herbicides – peut se retrouver dans des aliments vendus en Europe et destinés aux humains comme aux animaux.

Nous demandons que le gouvernement agisse dès que possible au niveau européen en demandant :

  • Un moratoire immédiat sur la commercialisation et la mise en culture des OGM et dans l’urgence pour ceux résistant aux herbicides
  • L’arrêt de tous les essais et cultures en milieu ouvert en Europe (sauf expériences en milieu confiné).
  • L’étiquetage et la traçabilité obligatoires sur tous les produits agro-alimentaires.
  • La mise en place d’une évaluation des risques OGM réellement indépendante qui prenne en compte le temps long. L’étude de Gilles Séralini, qui a duré 2 ans contredit les études effectuées par les industriels des biotechnologies sur quelques semaines seulement

 

Pour aller plus loin….

Si l’essor du génie génétique dans les années 80 a permis la modification de l’information génétique des organismes vivants, il a rendu aussi possible le brevetage de ces mêmes organismes vivants. C’est sur ces organismes à l’information génétique modifiée (OGM) que seront déposés les premiers brevets sur le vivant, dès 1980 aux Etats-Unis, avec l’autorisation du dépôt d’un brevet sur une bactérie.

Le système des brevets s’étend alors peu à peu à l’ensemble des organismes vivants (animaux, végétaux, etc…). Si l’identification d’un gène ou d’une séquence génétique est considérée comme une découverte (non brevetable), la mise en évidence de sa fonction est considérée comme une invention et permet à ce titre le dépôt d’un brevet. Par un tour de passe-passe sémantique, les brevets ont ainsi été détournés de leur vocation initiale et la maîtrise de l’information génétique n’est plus assurée. Aujourd’hui aux USA, qui représentent près de 50% de la production d’OGM, 80% du maïs et du soja sont modifiés génétiquement.

 

 

La culture des OGM assujettit les agriculteurs, dont la production est contrôlée en amont et en aval par les firmes agrochimiques

Les premiers clients des firmes agrochimiques et semencières restent les agriculteurs. A travers le monde, ils sont près de 1,3 milliards : un marché gigantesque, notamment dans certains pays où la population agricole représente encore plus de 50% de la population active. Les stratégies déployées sur tous les continents par les agents et filiales de ces firmes, avec parfois l’appui des autorités nationales de certains pays en développement, visent purement et simplement à assujettir les agriculteurs en les mettant à leur service. La semence est la base de toute activité agricole

. Avec la semence transgénique dont le fruit est généralement volontairement stérile et l’éventuelle réutilisation interdite, les semenciers contrôlent l’amont et l’aval de la production.

Les OGM ne résolvent pas le problème de la faim dans le monde

La faim et le défaut de souveraineté alimentaire sont d’abord liés au fonctionnement du système capitaliste qui organise la production, l’accès à l’alimentation et sa distribution. Par ailleurs, les OGM proposés sont destinés quasi exclusivement à l’exportation ou à l’alimentation du bétail et sont conçus pour exprimer leur potentiel de production dans les conditions d’une agriculture industrielle qui utilise généralement beaucoup d’intrants (engrais et pesticides) et détruit les connaissances locales de sélection des semences menaçant la biodiversité et les capacités d’adaptation des cultures aux contraintes climatiques. La promotion des OGM n’améliore donc en rien la couverture des besoins alimentaires essentiels des populations les plus exposées à la faim, tout en menaçant l’environnement par la diffusion des molécules modifiées dans les sols et les organismes vivants.

La double filière OGM et sans OGM est illusoire

La mise en place d’une filière sans OGM revient à admettre une filière OGM et les risques de transfert d’une filière à l’autre (pollutions génétiques, mélange lors des manipulations et sur les chaînes de conditionnement…). L’absence d’évaluations sérieuses et de connaissances sur les risques pour la santé et l’environnement, l’impossibilité de confiner et tracer les productions ou encore les coûts qu’engendre son contrôle poussé rendent illégitime la création d’une filière OGM. De surcroît, une telle filière serait d’autant plus impérialiste qu’elle détruirait toute possibilité de culture biologique à proximité.

Les OGM sont susceptibles de présenter des risques pour la santé et l’environnement

Les manipulations génétiques induisent des changements dans le fonctionnement des plantes et provoquent la synthèse de nouveaux composés potentiellement toxiques dans l’alimentation ainsi que la dissémination à grande échelle de gènes de résistance, notamment à des antibiotiques couramment utilisés en santé humaine et animale. Les contrôles de toxicité ou les tests d’allergie sur les aliments issus d’OGM sont le plus souvent réalisés par les sociétés productrices d’OGM et sont incomplets ou non communiqués intégralement aux chercheurs, sous couvert de secret commercial.

Mais une étude de 2011 indique que la consommation de céréales ou de protéagineux OGM pourrait provoquer des problèmes de reins et de foie chez les mammifères

La plupart des plantes transgéniques commercialisées sont conçues pour produire ou tolérer des pesticides et des insecticides. Les résidus de ces pesticides sont donc susceptibles de s’accumuler dans la chaîne alimentaire et d’avoir des effets toxiques à long terme. De plus, les pollutions génétiques favorisent l’apparition de nouvelles espèces envahissantes (véritable menace pour la biodiversité) ou se transmettent aux bactéries du sol.

 

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