tribunes, Vie du parti

Paul Quilès : « A quoi sert le PS? »

samedi 22 septembre 2012

La période actuelle est difficile pour l’équipe au pouvoir et ce n’est pas une surprise. Il lui faut faire face à une crise profonde et répondre dans le même temps à une très forte attente des Français, à la mesure de leur rejet de la politique menée pendant la période Sarkozy.

Certains pensent alors, en toute bonne foi, que le rôle du PS doit se limiter à apporter un soutien sans faille au gouvernement et à commencer à préparer les prochaines élections.

Je pense que cette conception du rôle du PS peut conduire à bien des désillusions, si l’on se réfère à l’histoire des deux précédentes venues des socialistes au pouvoir (1981, 1997), même si les conditions étaient quelque peu différentes.

En effet, cette histoire nous a appris en particulier les risques que peut faire courir à la réflexion et à l’action politique l’absence au sein du PS d’un réel débat, qui ne peut se limiter à des conciliabules, tenus en « formation restreinte » dans le secret de certaines enceintes.

Cette histoire nous a aussi appris à quel point il est difficile, voire impossible, deprendre le recul nécessaire pour placer une politique conjoncturelle dans une perspective plus large, lorsqu’on est Président, Premier Ministre ou ministre et que les journées sont totalement envahies par les terribles contraintes de la gestion quotidienne. Ce sont également ces contraintes qui interdisent aux membres d’un gouvernement de consacrer une partie de leur temps au contact avec les citoyens.

J’ai personnellement vécu ce type de situation à cinq reprises et je sais qu’elle est parfois difficile à comprendre, d’autant plus qu’on la décrit souvent de façon caricaturale, voire démagogique. Cette expérience me conduit à penser qu’il est indispensable que le PS, au-delà du nécessaire soutien qu’il doit apporter au gouvernement, n’abandonne pas ses deux responsabilités principales: d’une part la réflexion et les propositions, d’autre part le lien avec les Français.

Tel est bien l’enjeu du congrès de Toulouse, à l’occasion duquel le PS doit montrer qu’il n’oublie le rôle qui doit être le sien. J’en suis convaincu et c’est pourquoi je soutiens totalement la motion 3 présentée par Emmanuel Maurel et intitulée « Maintenant la gauche ».

Ce texte n’est en aucune façon une motion de défiance à l’égard du gouvernement.Il se veut un appel à débattre et à s’émanciper de la « pensée unique », qui a fait tant de ravages. Nous pensons que, même face à une situation difficile, les socialistes ne peuvent pas reprendre la terrible formule américaine TINA (« there is no alternative », c’est à dire « il n’y a pas d’autre solution »), qui justifie tous les conservatismes et les renoncements.

On entend beaucoup parler de la nécessité de l’unité et du rassemblement des socialistes. Fort bien, mais l’unité ne signifie pas l’unanimisme et le rassemblement n’a de sens que si les militants ont pu préalablement s’exprimer dans la clarté, par le débat et par un vote, sur les propositions en présence.

C’est ainsi que ce congrès fera la preuve de l’utilité du PS, au profit du projet de changement que nous avons promis aux Français.

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