Général, Social

Plus que jamais !

jeudi 6 décembre 2012

À gauche et dans le mouvement syndical,  les interrogations sont nombreuses. Au sein du Parti socialiste, aussi. Le débat existe au sein même du gouvernement. Et c’est normal ! Face aux pressions de la finance internationale, face aux exigences du Medef, quelle voie pour un gouvernement de la gauche ?

Les engagements pris au cours de la campagne électorale ne suffisent pas pour déterminer comment mettre au pas un Lakshmi Mittal. Oui, comme nous l’avions défendu dans le texte de la motion « Maintenant la gauche, le social au cœur » lors du congrès de Toulouse,  la question de la nationalisation est légitime. Elle se pose toujours au vu de la situation à Florange et de l’absence d’engagements réels de Mittal. Il serait paradoxal que ce soit Mittal qui paraisse gagnant malgré la lutte de longue haleine des sidérurgistes lorrains et le soutien affiché du gouvernement. Sans parler du chantage qu’il semble exercer quant à la charge d’autres sites. Aux  salariés inquiets de Basse-Indre des réponses claires doivent être apportées . Il est tout aussi naturel que de nombreux députés socialistes s’interrogent sur la voie suivie quant au crédit d’impôt de 20 milliards accordé à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, leurs bénéfices, leur exposition à la concurrence internationale. Et tout cela, pour l’instant, sans aucune contrepartie exigée en termes d’emplois par exemple. « Une mesure trop sélective serait considérée comme une aide d’Etat » dit Pierre Moscovici en réponse aux députés socialistes demandant que ne puissent pas bénéficier de ce crédit d’impôt les entreprises cotées en bourses qui ont distribué 37 milliards de dividendes à leurs actionnaires en 2011. Cette réponse ne peut pas nous satisfaire. Tenir tête à Bruxelles et à ses règles libérales doit être un des marqueurs de la gauche !

Plus que jamais, le Parti socialiste doit rester un lieu de débats et d’actions pour accroître le rapport de forces social. Il n’est pas possible de se contenter de reproduire les communiqués de l’Elysée ou de Matignon. Tout le monde dit que le PS ne doit pas être un parti godillot. Alors à quand une campagne du PS pour une loi contre les licenciements boursiers ?

Plus que jamais, dans toutes les réunions socialistes (sections, instances fédérales ou nationales), la discussion est légitime, elle est même indispensable. Elle doit être animée par la volonté réaffirmée de voir l’action gouvernementale réussir.

Plus que jamais, le débat à gauche est nécessaire. Il doit être formalisé. Bien sûr parce qu’il faut commencer à préparer les prochaines échéances électorales, notamment municipales. Mais pas seulement ! Aussi et surtout pour que le débat se poursuive sur les mesures immédiates et à venir que la gauche doit prendre. Il faut travailler à la mise sur pied au plan national comme dans les départements d’un comité de liaison permanent regroupant toutes les forces de la gauche qui le souhaitent.

Plus que jamais, la question sociale reste déterminante. En ce sens, l’issue des négociations entre les syndicats de salariés et le Medef sera décisive. Au PS et à tous les partis de gauche  d’être aux côtés des syndicats dans le bras de fer en cours. Il ne faut pas que le Medef puisse imposer la flexibilité qu’il exige !

>>> A lire également sur le blog d’Eric Thouzeau


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