Presse, tribunes

Pour en finir avec le placement d’enfants étrangers en centres de rétention – Tribune dans Politis

vendredi 22 juillet 2016

Une guinŽenne accompagnŽe de ses deux enfants agŽs de onze mois et deux ans et demi est retenue au centre de Retention Administrative (CRA) de Rennes depuis son arrestation ˆ la prŽfecture de Poitiers. Ici dans la cour du CRA, elle Žchange ˆ travers la double rangŽe de grillage avec des membres du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'AmitiŽ entre les Peuples) et du RŽseau Education Sans Frontire (RESF). Ceux-ci effectuent regulirement ce qu'ils appellent des "parloirs sauvages". Ils Žchangent mots de rŽconforts et informations avec les dŽtenus . Rennes, FRANCE - 26/09/2008.Ê

La Cour européenne des droits de l’homme vient de condamner la France pour avoir contrevenu à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme selon lequel « nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants » en raison du placement d’enfants en centre de rétention administrative (CRA).

En janvier 2012, la France avait déjà été condamnée pour la même raison. Mais précisément, à l’époque, nous espérions qu’avec le changement possible à la tête de l’exécutif, il y serait enfin mis fin, conformément à la parole alors donnée.

Ce n’est nullement le cas puisque, loin de disparaître, ces rétentions ont vu leur nombre augmenter depuis deux ans (en 2015, 105 enfants ont été placés avec leurs parents en CRA, contre 45 en 2014 et cela sans compter les 4 300 enfants passés en 2015 par des centres de rétention à Mayotte).

Une telle situation n’est pas tolérable car, comme l’a rappelé Jean-Claude Mas, secrétaire général de la Cimade, « la rétention administrative, c’est un univers carcéral, avec des barbelés, des verrous, une surveillance policière. C’est traumatisant pour toutes les personnes enfermées, au seul motif de papiers pas en règle, mais ça l’est encore plus pour des enfants. C’est de la maltraitance, même pour un jour ou deux ».

Parce que nous nous refusons au choix du silence complaisant et de l’indifférence, parce qu’avec Stéphane Hessel, nous considérons qu’ « il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers » et que nous ne pouvons être fiers d’une société qui place des enfants en centres de rétention, nous demandons au président de la République et au gouvernement de mettre fin urgemment à cette pratique indigne.

L’appel peut être signé ici.


Martine CHANTECAILLE, professeure de philosophie, membre du C.N du Parti Socialiste ; Pouria AMIRSHAHI, député de la 9ème circonscription des Français établis hors de France ; Axel KAHN, médecin généticien et essayiste ; Brigitte TREGOUET, médecin, présidente de La Cimade 85 ; Patrick CHAMOISEAU, écrivain ; Marie-Noëlle LIENEMANN, sénatrice de Paris ; Christian SALMON, essayiste ; Barbara ROMAGNAN, députée du Doubs ; Julien BAYOU, porte-parole d’EELV ; Michelle BIRÉ, institutrice retraitée, présidente de la section LDH de la Roche-sur-Yon.

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