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Que va-t-il se passer au Nord du Mali ?

lundi 14 janvier 2013

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Le danger djihadiste est réel au Mali, mais il ne doit pas faire oublier la réalité de ce pays et notamment celle du Nord Mali, l’Azawad.

Dans cette région, vaste comme la France, vivent 1,2 million de Touaregs, dont les revendications ont été étouffées par les agissements des mouvements terroristes. Il est vrai que le mouvement de libération de l’Azawad, le MNLA, avait fait jonction avec les groupes jihadistes, notamment Ansar Dine, pour combattre contre l’armée malienne et la repousser vers le sud.

La rupture est intervenue en juin 2012, lorsque les exactions de ces groupes et leur détermination à faire applique la « charia » sont devenues insupportables.

Aujourd’hui, les risques sont grands pour les populations du Nord, si l’on en croit cette interview de l’écrivain touareg Moussa Ag Assarid.

  >>> Lire l’interview

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1 réaction

  1. Fabienne Bidou dit :

    Si la question des touaregs est cruciale dans ce conflit, il n’épuise pas, loin s’en faut, l’explication de la crise, il y a aussi des enjeux très importants autour des ressources, notamment l’uranium du Niger si proche et si utile pour nos centrales nucléaires (nombreuses).
    Sur le MNLA, savons-nous précisément le rôle qu’a joué la France dans son renforcement ? Cela reste à éclaircir. Et si la population, essentiellement touareg, était à ce point derrière le MNLA, pourquoi aurait-elle fui massivement le nord du Mali ? Les touaregs sont majoritairement de confession musulmane, mais pas exclusivement, et leur pratique de l’islam est modérée. Par exemple, les touaregs sont un peuple musicien, pratique bannie par les intégristes.
    Si l’intervention de la France peut s’entendre (une majorité de Maliens, y compris ceux du nord qui ont dû choisir l’exil, l’a appelée de ses voeux), la réconciliation de tout le pays sera douloureuse, voire impossible.

    En attendant, la circulation des artistes touaregs est un cauchemar. Si les fonctionnaires du ministère français des affaires étrangères arrivent à faire avancer positivement des dossiers de visas, en complicité avec des fonctionnaires consulaires, ils le font à la force du « dossier », sans indications particulières de leurs tutelles. Pourtant, puisque la France a fait le choix d’une intervention, comment peut-elle ne pas se préoccuper des effets induits ? Autre effet induit, il semble que les Français ne peuvent plus se rendre au Niger, donc la crise fait tâche d’huile.
    Le dialogue interculturel est un facteur de paix, nous devrions lui accorder au moins autant de soin et d’intérêt qu’au partage du gâteau des ressources, si nous prétendons servir la paix en appuyant le Mali dans la résolution de sa guerre civile. Mais est-ce vraiment le cas ?
    Quel équilibre trouver entre un ressenti émotionnel, légitime car fondé sur une communauté de destin scellée par la francophonie, et un besoin d’analyse raisonnée qui n’accède pas à la totalité des enjeux ?
    Connaissant des Maliens de France, des maliens touaregs, je me sens extrêmement tiraillée par ce conflit, profondément attristée par un sentiment de gâchis monstrueux, et privée de la possibilité de comprendre, si ce n’est que finalement tout ça n’a probablement pas grand chose à voir avec la fraternité.

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