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Regards : Entretien avec Marianne Louis; l’aile gauche du PS écartée de l’équipe dirigeante

mercredi 21 novembre 2012

par Pierre Jacquemain| 20 novembre 2012

Le tout nouveau Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a validé ce week-end une équipe dirigeante bien sage. Voire policée. Il a d’ailleurs prévenu ses troupes : pas de fausses notes sur l’action du gouvernement. Le nouveau visage du parti socialiste se dessine à partir d’une écrasante majorité issue de la motion 1 – motion naturellement présentée par Harlem Désir. L’aile gauche du PS, qui entend bien faire entendre sa différence, est écartée de l’équipe dirigeante. Réaction de Marianne Louis, animatrice du courant Maintenant La Gauche, conseillère régionale d’Ile-de-France et Adjointe au Maire d’Evry.

Regards.fr. Comment un courant qui représente plus d’un quart des militants de son parti peut-il être exclu des instances dirigeantes ?

Marianne Louis. Il y a là une évolution culturelle majeure. Le parti socialiste a toujours privilégié le rassemblement. Ça n’est plus le cas aujourd’hui et je le regrette. Notre courant est pourtant une réalité. Il est très implanté au niveau local, en province où notre score atteint parfois 40% dans certaines fédérations. En faisant du PS un porte-parole bis de la politique du gouvernement, la direction fait une erreur politique et stratégique importante. Pour être utile au gouvernement il ne suffit pas d’acquiescer mécaniquement. Le parti socialiste doit avoir un rôle d’alerte. Il doit être mobilisé en amont des grands débats d’orientations, pour éclairer, voire même orienter la politique du gouvernement. Le PS ne peut pas accepter que le MEDEF dicte seul la politique du gouvernement.

En étant exclus de ce que l’on peut appeler le « gouvernement » du PS, comment allez-vous peser sur votre parti et sur les orientations politiques du gouvernement ?

D’abord nous sommes activement présents au bureau national du PS ou nous sommes représentés conformément aux règles de la proportionnelle. Par ailleurs Harlem Désir a annoncé plusieurs conventions nationales. Nous comptons nous exprimer et apporter notre contribution. Notamment sur les questions d’Europe et de travail. Nous serons force de propositions. Nous allons par exemple lancer une pétition militante pour que le gouvernement s’engage à nationaliser temporairement Petroplus. Cela dit, nous restons loyaux. Nous croyons au débat, nous privilégierons toujours cette méthode. Nous pouvons faire bouger les lignes. J’en suis convaincue.

Mais si les blocages persistent et que vos propositions restent vaines, quelles conclusions pourriez-vous en tirer ?

Je ne crois pas au blocage. Le PS et même le gouvernement entretiennent un rapport d’extrême tension avec son partenaire historique, le parti communiste et plus largement le Front de gauche. Ils tiennent à son égard un discours bien trop violent. La tonalité est la même côté EELV avec lequel ils ont des rapports très autoritaires. Ça n’est pas tenable sur le long terme et ça n’est pas ce que souhaitent les électeurs de François Hollande. Quand j’entends Stéphane Le Foll ou Najat Vallaud-Belkacem évoquer l’hypothèse d’un retour de Bayrou au gouvernement, je suis atterrée. Le PS ne peut pas laisser passer ça. Je me battrai jusqu’à la dernière seconde pour que les décisions de mon parti ne se prennent pas uniquement entre le 7ème et le 8ème arrondissement de Paris.

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