Actualités, Vie du parti

« Stop ou encore ? » : pour un congrès d’orientation et de clarification

vendredi 24 avril 2015

Malgré quelques stratégies d’évitement, le débat a commencé. Nous savons désormais que le Congrès ne se gagnera pas seulement sur les textes, sur les positions politiques inscrites sur les motions, mais plutôt sur la clarté. Nous avons découvert avec une certaine gourmandise la motion A, notamment des positions sur la réforme fiscale que nous défendons avec acharnement depuis deux an. Il nous était répondu, par le gouvernement, que ces positions n’étaient pas tenables. Prenons les comme une sorte d’hommage involontaire, mais aussi comme une invitation à soutenir la motion B que nous portons avec nos camarades.

Pour que ces propositions soient réellement appliquées entre 2015 et 2017, il faut nous donner une majorité. C’est le premier message qui sort des discussions que nous avons eues ces derniers jours. Il ne faut pas que ce congrès soit marqué par un grave problème de démocratie, pas à cause des pratiques internes, mais sur la clarté des idées et des engagements. Nous ne voulons plus vivre le grand écart entre le discours et les actes. Nous l’avons vécu avec le discours du Bourget. Nous ne voulons pas le revivre avec le congrès de Poitiers.

En définitive, la motion A est une motion « cause toujours » ; peu importe ce qui est inscrit dans ses pages, ses principaux responsables savent déjà qu’ils ne feront rien pour mettre en œuvre leurs nouveaux engagements, leur opposition au travail du dimanche, l’importance de l’investissement des collectivités locales ou encore réorienter le pacte de responsabilité vers un véritable investissement productif… Ils n’ont eu de cesse de s’y opposer quand nos camarades défendaient ses options au parlement, ils n’ont même pas tenté de mettre en application les directives qu’ils avaient eux-mêmes soumises et faites adopter par le Bureau national, sur les contreparties au CICE ou la limitation du travail dominical à 7 jours maximum et non à 12. Qui peut croire aujourd’hui qu’ils feront demain, ce qu’ils ont refusé de faire hier ?

La motion D propose aux militants un « ni-ni » nouvelle formule : « ni frondeurs, ni godillots »… au-delà de la subtilité du vocabulaire, c’est un peu court. Soit ils partagent nos analyses et nos propositions, et ils devraient nous rejoindre ; soit ils ne se distinguent de nous que sur des questions de forme et ce n’est pas indépassable… La réalité est plus prosaïque : il ne sert à rien, comme le font les leaders parlementaires de La Fabrique, d’exprimer avec force son désaccord sur les mesures gouvernementales, si c’est pour dans le même mouvement assurer qu’ils voteront malgré tout l’ensemble des textes de loi qui leur seront soumis. En termes d’efficacité politique, cette posture de congrès est proche de zéro !

Les militants socialistes ont droit à un véritable débat et à un véritable choix : nous nous affirmerons avec fermeté et précision mais aussi avec respect en direction des nombreux militants socialistes, qui quelles que soient leurs sensibilités ont été meurtris par les errements de la première partie du quinquennat. Le Parti Socialiste ne doit plus être « fermé pour cause de gouvernement », avec la motion B « à gauche pour gagner ! » redonnons au PS son utilité, pour la gauche, pour la France et les Français !

If you enjoyed this post, please consider leaving a comment or subscribing to the RSS feed to have future articles delivered to your feed reader.

Réagir