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Tribune de Paul Quilès dans l’Humanité du 5 juin 2014 : Y a-t-il un autre choix ?

jeudi 5 juin 2014

Paul Quilès

Secrétaire général du club Gauche Avenir

 

Y a- t- il un autre choix ?

TINA n’est pas un diminutif féminin, mais un slogan attribué à Margaret Thatcher lorsqu’elle était Premier ministre du Royaume-Uni ! TINA, c’est l’abréviation de « There is no alternative » (en français, «il n’y a pas d’autre choix »), qui signifie qu’il y a pas d’alternative hors des politiques libérales et que tout régime qui cherche à s’en écarter court à l’échec.

Il ne faudrait pas qu’aujourd’hui on essaie de nous convaincre à nouveau qu’«il n’y a pas d’autre choix » et qu’il n’y a point de salut hors de l’austérité, qu’on présente comme la solution, quand elle est devenue le problème.

Alors que les inégalités sociales n’ont jamais été si fortes, que la cohésion sociale est malmenée et que notre modèle de développement n’est plus soutenable, nous sommes dans une situation politique inédite et désastreuse: un pouvoir désavoué par les urnes, une victoire incontestable du populisme, une défiance à l’égard des partis politiques et de leurs leaders, une désespérance qui gagne du terrain dans de nombreuses couches de la société….

Ce décrochage démocratique témoigne moins d’un désintérêt de nos compatriotes que d’une perception d’impuissance à peser sur les choix européens et les orientations politiques françaises et à faire prendre en compte leurs attentes, leurs besoins et une vision d’avenir pour leurs enfants.

Le désaveu est sévère pour la gauche: le parti socialiste n’arrive nulle part en tête, les écologistes et le front de gauche font des scores médiocres, égaux ou inférieurs à leurs résultats de 2009. Les partis et les hommes l’incarnant n’ont pas vu leurs assises électorales s’élargir.

Depuis près de 2 ans, on refusait d’entendre les voix de ceux qui s’inquiétaient des conséquences du régime infligé au pays, tout en préconisant d’autres réponses à la crise. Et voici qu’aujourd’hui, nombre de ceux qui s’étaient faits discrets jusqu’ici et parfois même qui défendaient la ligne suivie au sommet, joignent leur voix aux critiques et aux demandes de ceux qui étaient fustigés hier et souvent traités d’irresponsables ou d’incompétents !

La question est de savoir quel peut être le débouché des initiatives un peu brouillonnes qui fleurissent çà et là, alors que la logique même du système institutionnel de la Vème République – avec un Premier ministre qui «exécute » la politique définie par le Président, une majorité parlementaire contrainte, un parti majoritaire sans marge d’initiative et peu écouté – empêche qu’aboutisse toute expression « déviante ».

La seule réponse me semble résider dans un sursaut des forces de gauche et écologistes pour dialoguer et définir des convergences sur des réformes répondant à l’urgence sociale et aux attentes de nos concitoyens.

C’est dans cet esprit que le club Gauche Avenir travaille depuis 6 mois. Au cours d’auditions publiques, il a écouté des responsables des différents partis et des mouvements du monde syndical et associatif, des intellectuels, des économistes. Les propositions qu’ils ont faites sont susceptibles de contribuer à la construction d’un nouveau pacte majoritaire à gauche autour de quelques mesures fortes. Nous les rendrons publiques prochainement.

 

Vous pouvez retrouver cette intervention sur le .

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