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Victorine Valentin – Conseillère régionale d'Alsace, soutient la motion 3 : Maintenant la Gauche !

lundi 1 octobre 2012
François HOLLANDE, candidat, a affirmé qu’il ne serait pas l’homme d’un parti, mais qu’il serait le Président de TOUS les français. L’idée seule que l’on ait voulu nous aligner comme un seul homme derrière une motion unique, m’a révoltée !Comme le dit le texte de la motion 3 en guise de conclusion, « une motion d’orientation, c’est une pierre à l’édifice, un apport au combat collectif. Nous avons des propositions à faire valoir : pour l’emploi, pour la justice sociale, pour la relance de l’économie. » Quoi que l’on pense de ses propositions – et cela vaut pour toutes les motions – elles existent et doivent être débattues dans les sections.
C’est rendre service à notre Parti que de défendre des avis différents.
Le débat, fondement même de notre organisation politique, doit s’y tenir ; les militants doivent pouvoir s’y exprimer, et nous devrons également ouvrir une large place à nos sympathisants pour qu’ils apportent leur contribution à la construction d’un projet socialiste qui nous permettra de gouverner dans la durée pour construire la société de justice fiscale, sociale et territoriale que nous avons promise à nos électeurs.J’ai signé la contribution d’ “ Un monde d’avance ” qui, avec les députés du PS et les députés du SPD, affirmait que “ l’heure est à un sursaut européen, en rupture avec la facilité et la brutalité des solutions libérales ” et que “ dans les décisions à prendre, les peuples ne doivent pas être oubliés. Ils sont à la fois les principaux acteurs et les premières victimes des politiques d’austérité menées jusqu’à aujourd’hui. Pour eux, pour nous, nous refusons ces politiques. Non seulement parce qu’elles sont injustes, puisqu’elles frappent toujours les plus faibles, tout en protégeant les détenteurs du capital ; mais aussi parce qu’elles ont prouvé leur inefficacité. Pour sortir l’Europe de sa crise, il faut une réorientation de la politique européenne. C’est le sens de notre soutien à ce texte qui propose de faire sauter le verrou conservateur en Europe. ”

J’ai trouvé cohérent de signer la Motion 3 car elle m’a semblé en totale continuité avec l’esprit de cette contribution. Or, Barbara Romagnan, l’une des plus farouches adversaires au Traité budgétaire européen, signataire de la contribution “ Un monde d’avance ” est aujourd’hui signataire de la Motion 1 alors qu’elle affirmait tout récemment à Médiapart :
“ Il me semble qu’aujourd’hui, il y a un déséquilibre. Oui, on peut dire “C’est quand même mieux”. Sauf que le traité qu’on nous demande de ratifier est le même que celui que nous dénoncions pendant la campagne.
Ou encore : “ Je vis assez mal les procès en irresponsabilité ou en manque de solidarité, car vu ce qu’on a dit durant la campagne présidentielle, cela ne me semble pas anormal d’avoir des réserves sur ce traité. Le fait que l’élection de François Hollande puisse changer la donne ne justifie pas à mon sens de changer de position par rapport à ce traité. ”
Et enfin : “ Nous partageons les mêmes objectifs, la même ambition pour l’Europe. Le désaccord est stratégique, sur les moyens de parvenir à nos objectifs. Je suis d’accord sur les avancées importantes obtenues par François Hollande. Mais elles sont avant tout symboliques. C’est important, le symbole, en politique. Mais il y a d’un côté des discussions sur la croissance et en face un traité contraignant les budgets des États. ”

On peut – on doit – continuer à marquer notre désaccord avec ce traité qui instaurera la rigueur et entraînera le chômage et un important risque de récession pour notre pays. On peut – on doit – continuer à marquer notre volonté de changement de paradigme social et politique. Nous nous le devons, par cohérence, et nous le devons à nos électeurs.

L’idéal d’égalité des XIXe et XXe siècles, si vivant il y a encore quelques décennies, semble aujourd’hui dérisoire et déconsidéré. Or, ce ne sont pas les changements technologiques et sociaux qui ont accouché d’une société à deux vitesses, mais bien “ l’exercice du pouvoir politique par des groupements financiers qui ont pris le pas sur les processus législatifs et réglementaires ”. C’est la politique qui a permis au marché de se façonner d’une “ manière qui avantage le sommet au dépens du reste ” comme le dit Joseph Stiglitz.

Ces inégalités sont le contraire même de nos valeurs socialistes. Il n’y a plus de temps à perdre. En 2008, à l’éclatement de la crise, on a beaucoup parlé de changer nos modèles économiques, de contrôler l’activité des banques, de reprendre la main sur le monde fou de la finance, d’infléchir la politique européenne… Or, rien n’a été fait sous un système politique dominé par l’argent et qui a conféré des avantages financiers et des pouvoirs excessifs aux plus aisés.

C’est de tenir nos promesses, c’est remettre l’homme au cœur de notre projet, qui permettra la sortie de crise et non une restriction drastique des dépenses publiques.
Celle-ci entraînera un manque d’investissements dans les infrastructures, dans
l’éducation et la technologie et cela finira par anéantir tout espoir de croissance et mettre à mal la réalisation de toutes nos promesses de campagne. Les tendances peuvent s’inverser.

Il faut que notre action soit, sans relâche, entièrement tournée vers la lutte contre le chômage et vers la construction d’une société plus égalitaire, qui pourra s’affranchir des dictats consuméristes et se tourner davantage vers la collaboration entre les citoyens et assurer la cohésion sociale dans notre société, au lieu de soutenir la compétition induite par les marchés.

En mai et en juin 2012, nos concitoyens ont eu l’audace de nous faire confiance.
Ayons l’audace de poursuivre notre idéal
!

Victorine VALENTIN
Conseillère municipale de Colmar
Conseillère régionale d’Alsace

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