Ecologie, Economie, Général

Vite, un plan agriculture-énergies renouvelables

jeudi 20 décembre 2012

agriculture-300x199>>> A lire également le blog de Marie-Noëlle Lienemann

Il convient d’être très attentifs à la situation du secteur agricole et agro-alimentaire. On voit désormais les exportations françaises dépassées par  celles de l’Allemagne. Les raisons sont variées et n’entretenons pas le défaitisme ambiant. La France a une balance commerciale agro-alimentaire excédentaire, ce qui n’est pas le cas de nos voisins d’outre-Rhin.

  Mais il faut réagir.

D’abord, nous ne pouvons plus accepter que l’Allemagne poursuive sa politique de très bas salaire et l’absence de SMIC correct. C’est particulièrement le cas dans ce secteur où les emplois à quelques euros de l’heure se multiplient. Nous devons faire de l’instauration d’un salaire minimum raisonnable et de la convergence des standards sociaux vers le haut une condition absolue pour toute nouvelle décision européenne. Si nous ne menaçons pas de bloquer les décisions souhaitées par l’Allemagne tant qu’il n’y aura pas de SMIC dans le pays le plus riche de l’UE, le dumping social continuera de plus belle en Europe et nous affaiblira tous.

Ensuite, il y a à regarder de près comment réorienter les aides de la PAC et soutenir des stratégies de développement de certaines filières en difficultés qui ont perdu des parts de marché.

Mais il faut de façon très urgente engager un plan agriculture- énergies renouvelables.

En effet, si les allemands ont accru leurs exportations et poursuivent leur demande de baisse des crédits de la PAC, c’est qu’ils ont utilisé une voie originale pour soutenir autrement les revenus de leurs agriculteurs. Les paysans allemands peuvent compter sur des revenus complémentaires sécurisés et croissants venant des énergies renouvelables. Le chiffre d’affaires tiré de leurs installations de biogaz, photovoltaïques ou éoliennes s’élèvera à 5,7 milliards  d’Euros en 2012. Ce qui représente plus de 10% de leurs revenus annuels tirés de leur métier de base (44 Milliards).

Il nous faut prendre la même direction en France.

Il nous faut planifier rapidement les investissements permettant de valoriser les possibilités énergétiques de nos exploitations agricoles, mobiliser tous les acteurs et faire de ce défi une opportunité pour développer des filières françaises pour ces énergies alternatives.

Voilà un exemple où redressement industriel, développement territorial et transition énergétique sont complémentaires. Un exemple qui prouve que les orientations débattues lors de l’assemblée des gauches organisée par Gauche Avenir le 12 décembre – rassemblant toutes les forces de gauche et écologistes autour d’un enjeu : compétitivité, emplois, industrie quelles alternatives? – sont particulièrement efficientes et en particulier la nécessité de structurer des filières industrielles et de convoquer des conférences de filières entre producteurs, consommateurs et pouvoirs publics. Qu’attend-on pour le faire sur les filières énergies renouvelables?

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