Mur-bahut : quels avantages à son installation ?

Le savoir-vivre en société implique le respect de certaines prédispositions et règles. Ces dernières sont relatives autant aux personnes, qu’aux biens. L’une des prédispositions relatives aux biens qui reviennent très souvent sur la table est celle faisant allusion au mur-bahut.

Qu’est-ce que le mûr-bahut ?

Le mûr bahut est une expression qui nous vient tout droit du Moyen-Âge et plus précisément de l’art romain. À l’époque, il désignait le muret servant à supporter un élément architectural. Il permettait principalement de porter les colonnes en arcade des cloîtres et couvents. Mais plus tard, l’architecture gothique a adapté ce principe à ses édifices religieux, en l’étendant aux toitures.

Aujourd’hui, le mûr-bahut est encore d’actualité. Il est très utilisé dans la construction et dans les textes relatifs au droit de l’urbanisme. De ce fait, il se retrouve fréquemment en bordure de voie publique, dans les petites, moyennes et grandes agglomérations. Il évoque les murets surmontés de grille, de barreaudage et de travées de clôture. En maçonnerie, le mot bahut est d’utilisé pour interpréter le profil bombé de certains éléments. Il s’apparente également à la forme arrondie des couvercles de coffres en usage au 18e siècle du Moyen Âge.

Les différents types de murs-bahut

Selon les fonctions et le rôle qu’il joue, le mur-bahut peut revêtir différentes formes.

Le mur-bahut délimitant un espace clos

Comme mentionné un peu plus haut, le mur-bahut désigne en maçonnerie le profil bombé des pierres de la partie supérieure d’un mur. Et à l’origine, il désignait un coffre au couvercle voûté. Par analogie, ce terme a donc été employé pour la dernière assise d’un mur de faible hauteur. Il est alors employé pour délimiter un espace public ou un espace privé.

Dans ce cas précis, le mur-bahut est surmonté d’une grille à barreaux avec ou sans serrurerie, et peut être doublé à l’arrière par une haie végétale. Les spécificités pour ce type de mur-bahut sont d’ailleurs insérées dans les cahiers de recommandations des mairies, ou le règlement du plan d’urbanisme (PLU). Le but de cette manœuvre est d’harmoniser les clôtures donnant sur l’espace public et maintenir l’alignement.

Le mur-bahut porteur

Les murs bruts sont également utilisés pour séparer les terrasses privées et les montées, ou pour jouer le rôle de garde-corps des terrasses sur les garages. Dans les cloîtres, on en fait usage en tant que mur porteur pour reprendre les charges des arcades du cloître. Ils mesurent alors plus d’un mètre de large et délimitent l’espace de circulation à l’intérieur de ce dernier.

Le mur-bahut soutenant une terrasse

Outre toutes ces fonctions, le mur-bahut permet de délimiter une terrasse. Dans ce cas, il joue le rôle de soutènement. Il doit être alors conçu pour supporter la pression horizontale exercée par la terre et être dimensionné de façon auto-stable (mur-poids). En d’autres termes, sa masse doit lui permettre de s’opposer aux poussées des terres et à la poussée hydrostatique (eaux de ruissellement). Son dimensionnement doit respecter les prescriptions de la norme NF DTU 20.1 lorsqu’il s’agit d’ouvrage pour les petits éléments.

Dans les autres cas, il faudra prendre certaines précautions pour garantir un bon soutènement. Il s’agit entre autres de :

  • Réaliser des fondations ;
  • S’assurer de la stabilité du sol ;
  • Entretenir le dispositif drainant ;
  • Assurer le drainage vertical et horizontal du muret.

Le mur-bahut en pierres sèches

Il s’agit des murets en pierres sèches destinés à retenir les pentes légères. Elles disposent de joints entre les pierres qui facilitent le drainage. Pour réaliser ce type de mur-bahut sur un terrain instable, il est commun de :

  • Réaliser des fondations de 30 à 40 cm de profondeur sur 40 cm de largeur ;
  • Combler la tranchée avec des cailloux tassés pour apporter une assise stable à l’ouvrage ;
  • Insérer des boutisses, des pierres plus longues, sur toute la largeur de l’ouvrage et l’inclinaison du mur vers l’arrière pour apporter plus de stabilité à l’ouvrage.

Cependant, la construction du mur-bahut dépend de plusieurs autres paramètres.

Les critères de construction d’un mur-bahut

Les critères pour édifier ce type de construction sont pour la plupart inscrits dans les cahiers de recommandations des communes ou dans le règlement du plan local d’urbanisme. Celui-ci stipule que si le muret donne sur la voie publique, sa hauteur maximale n’excède pas 0,80 mètre, et ne doit pas mesurer plus d’un tiers de la hauteur totale de la clôture.

En absence de règlement dans votre commune, la hauteur à prendre en compte en limite de terrain est celle notifiée dans le Code civil. En outre, avant de construire un mur-bahut, il est impératif de prendre une autorisation auprès de la mairie de la commune. Celle-ci se chargera de vous délivrer une déclaration de travaux et, selon le cas, le panneau précisant le type de travaux à installer devant votre maison pour informer le voisin et les tierces personnes.

Quels matériaux pour construire un mur-bahut ?

Les principaux matériaux utilisés dans la confection des murs-bahut sont les pierres. Toutefois, il n’est pas rare d’utiliser du parpaing ou du béton comme de base pour la clôture. Par la suite, ce mur est rehaussé par une grille de barreaux en fer, un grillage, une clôture en PVC, en bois ou en aluminium. Pour renforcer la sécurité, il est recommandé d’installer une haie végétale derrière le mur-bahut. Cependant, le choix des matériaux dépend du coût, du style de votre maison, mais surtout des règles d’urbanisme, en rigueur dans votre commune.

Combien pour installer un mur-bahut ?

Le coût d’installation d’un mur-bahut prend en compte plusieurs données : le prix des composantes du mur, le prix de l’ouvrage (grille en fer, clôture en bois, grillage …). Le tout dépend si vous entreprenez le travail tout seul ou par le biais d’un professionnel. Dans le dernier cas, il est recommandé de demander plusieurs devis pour avoir une idée précise des prix et choisir celui qui convient le mieux à ses moyens.

Le mur-bahut à donc su parfaitement résister au temps. Depuis son avènement au moyen-âge, il continue d’être utilisé aujourd’hui. Il permet notamment de délimiter un espace privé ou public, de soutenir une terrasse, etc. Sa construction et son utilisation sont règlementées par plusieurs normes accessibles dans le cahier des règlementations des communes. Quant à son coût, il varie selon les différents paramètres en jeux.

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